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Denis Diderot :"C'est manquer son but que d'amuser et de plaire lorsqu'on peut instruire et toucher"...[ blog destiné aux élèves de Première qui veulent réviser et approfondir les objets d'étude au programme de Français.]

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Auprès de moi toujours

 Emprunté à la presse suisse :

Quel genre de roman tient-on entre les mains? Auprès de moi toujours, le dernier livre de Kazuo Ishiguro, entre, après tout, dans la catégorie des récits de science-fiction, puisqu'il pose de grandes questions éthiques sur la biotechnologie. Quand nous serons à même de fabriquer des clones humains, des pièces détachées pour prolonger la vie de leur modèle, quelle existence réservera-t-on à ces créatures sans destin? Faut-il les instruire, leur transmettre notre culture au risque de les rendre plus conscients encore de leur sort?

La force du livre d'Ishiguro - un auteur découvert par la revue Granta qui l'a fait figurer dans sa première liste des jeunes écrivains britanniques en 1983 aux côtés de Martin Amis, William Boyd ou Julian Barnes - c'est qu'il traite la science-fiction sur le ton délicieux d'une histoire victorienne. Le monstrueux prend le visage du quotidien. C'est fort: d'un roman comme celui de Michel Houellebecq, La Possibilité d'une île, qui fait évoluer ses clones dans un monde parallèle froid, si étranger au nôtre, nous n'en aurions pas voulu. Auprès de moi toujours commence par le récit nostalgique d'une jeune infirmière évoquant ses souvenirs d'enfance et d'adolescence en internat. C'était à Hailsham, quelque part dans la campagne d'une Angleterre imaginaire. Kathy, la jeune accompagnante, se souvient de ses amitiés de dortoir, de l'insouciance des querelles dans le pavillon du fond du parc, de l'amitié et de l'attachement qu'ils témoignaient, elle et ses camarades, à leurs professeurs.

Kathy et les siens, c'est l'histoire de tous ceux qui ont vécu l'internat. L'identification aux personnages est d'autant plus forte que l'auteur, durant la première partie du roman, utilise à plusieurs reprises ce genre d'expressions: «Je ne sais pas comment c'était là où vous étiez, mais à Hailsham...»

Le lecteur prend conscience de la monstruosité du destin des enfants en même temps qu'eux, c'est-à-dire au fur et à mesure qu'ils grandissent: à huit ans, ils s'inquiètent du regard apeuré des rares visiteurs au collège. Ils n'auront jamais de descendance, ils le savent depuis l'âge de onze ans. Puis, trois ans plus tard, une gardienne leur assène, sous la pluie et en cachette, qu'aucun d'entre eux ne pourra un jour prétendre à un autre métier que donneur, ou accompagnateur de donneur. Que leur corps sera privé de trois ou quatre organes, prélevés un à un, dans la douleur. Ils savaient tout cela sans savoir. Comme un enfant à qui l'on parle de sa maladie, par mots choisis, avec toujours plus de précision au fil de sa croissance.

L'insouciance disparaît, mais elle ne fait jamais place à la révolte. Les clones d'Ishiguro acceptent leur condition de «non-êtres» avec une résignation désarmante. Tout au plus nourriront-ils l'espoir, à la fin du roman, d'un sursis possible de quelques années. Et à quoi tient-il, cet espoir? La rumeur court chez les accompagnateurs: si deux anciens élèves de Hailsham parviennent à prouver leur amour, ils seront exemptés de dons d'organes pendant un temps afin de pouvoir vivre leur passion. Retour candide à une question existentielle: comment l'amour se prouve-t-il?

Alors, quel genre de roman, cet Ishiguro? En fait, l'auteur Vestiges du jour revient à ses thèmes fétiches: il s'agit du destin des hommes, de la capacité de résistance de l'être humain, du miroir de la mort, du pouvoir de l'amour. Le tout dans le décor tranquille et innocent du quotidien. «C'est même un roman optimiste, dit Kazuo Ishiguro, interrogé par Le Magazine littéraire. Car les portraits des êtres humains sont plus positifs que dans les livres précédents, où je m'attachais aux faiblesses des êtres.»

Finalement, qu'importe sa nature? Ce roman magnifique apporte ce qui manque à des livres d'anticipation comme celui de Houellebecq: la force du récit. Musicien malchanceux établi en Angleterre depuis l'enfance, Ishiguro prouve une fois de plus que les écrivains anglophones savent raconter les histoires comme personne. Même si elles sont inquiétantes.


http://www.letemps.ch/livres/Critique.asp?Objet=326

 

Vous en voulez des contre utopies !

http://arbredespossibles2.free.fr/SF.html

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V
je viens de rendre un devoir sur la ferme des animaux , et les utopies & les contre-utopies je les geeerbe :D
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M
A force ça gave tout ça ! ah n'oublie pas d'aller voir l'expo virtuelle