Denis Diderot :"C'est manquer son but que d'amuser et de plaire lorsqu'on peut instruire et toucher"...[ blog destiné aux élèves de Première qui veulent réviser et approfondir les objets d'étude au programme de Français.]
Le printemps maladif a chassé tristement
L’hiver, saison de l’art serein, l’hiver lucide,
Et, dans mon être à qui le sang morne préside
L’impuissance s’étire en un long bâillement.
Des crépuscules blancs tiédissent sous mon crâne
Qu’un cercle de fer serre ainsi qu’un vieux tombeau
Et triste, j’erre après un rêve vague et beau,
Par les champs où la sève immense se pavane
Puis je tombe énervé de parfums d’arbres, las,
Et creusant de ma face une fosse à mon rêve,
Mordant la terre chaude où poussent les lilas,
J’attends, en m’abîmant que mon ennui s’élève...
― Cependant l’Azur rit sur la haie et l’éveil
De tant d’oiseaux en fleur gazouillant au soleil.

Problématique : Quels sens le poète donne-t-il à sa description des saisons ?
I) Mallarmé décrit ses états d’âme.
I1-Ce poème énonce l’impuissance de Mallarmé. CL de la tristesse, voire du désespoir : v.1 « tristement », v.6 « tombeau », v.7 « triste », v.9 « las », v.10 « fosse ». Allitération en « r » qui renvoie au manque de force comme au v.5,6,7 « Des crépuscules blancs tiédissent sous mon crâne ».
I2-Le poète dessine son ennui par : Répétition du son « an »des participes présents v.10 « creusant », v.11 « mordant », v.12 « m’abîmant », v.14 « gazouillant ». Des sonorités traînantes de l’expression « long bâillement »v.4 qui produisent un effet d’ennui.
I3-Mallarmé expose son état physique et moral dans le premier quatrain. L’adjectif « maladif » v.1, ces deux positions (physique et morale) indique la lassitude de l’auteur dès le premier vers. V.3 et 4, l’auteur remplace une douleur physique par ensuite une douleur qui est psychologique.
II) Mallarmé caractérise le printemps comme un rêve mais ce songe est détruit.
II1-Le poète présente le printemps comme un rêve. CL du printemps : « rêve » v.10, « lilas » v.11, « oiseaux » v.14, « fleur » v.14, « soleil » v.14. Le registre lyrique : v.7 « Et triste, j’erre après un rêve vague et beau » et v.9 « Puis je tombe énervé de parfums d’arbres... » Rythme ternaire
II2 -L’image forte et douloureuse du rêve est employée par Mallarmé.
Juxtaposition des mots « face » et « fosse » v.10. L’emploi des participes présents v.10 « creusant » et v.11 « mordant ».
II3-Ce songe est détruit.
Utilisation de points de suspension v.12, pour montrer la lassitude, qu’il arrête de rêver. Pourtant, il semble que l’auteur est un espoir grâce à l’utilisation de « cependant » v.13. v.6-7 le « tombeau » d’un « rêve vague et beau » montre la mort du rêve qui fait la tristesse du poème.
CCL : référence au Spleen de Baudelaire (état de mélancolie)