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Denis Diderot :"C'est manquer son but que d'amuser et de plaire lorsqu'on peut instruire et toucher"...[ blog destiné aux élèves de Première qui veulent réviser et approfondir les objets d'étude au programme de Français.]

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Ma Bohème *

 http://teamalaide.free.fr/Rimbaud/maboheme.htm

 Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal ;
Oh! là! là! que d'amours splendides j'ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.
- Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
- Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques,
De mes souliers blessés, un pied près de mon cœur !
 

  En quoi l’évocation du voyage du poète est-elle synonyme de libération ?

I L’image du voyage.

         I-1 : Un voyage sans itinéraire qui lui permet de se libérer, de s’épanouir.

- Le titre « Ma Bohème »: il évoque sa fugue sans destination précise donc une errance selon le hasard et la fantaisie.

- C.L. de la liberté : v1 « je m’en allais » ; v6 « rêveur » ; v7 « Grande Ourse » ; v11 « vigueur » : utilisation du verbe aller qui renforce le fait qu’il veuille partir. Le rêve permet de s’évader. La Grande Ourse fait référence à l’immensité du ciel donc un espace inconnu à découvrir.

- pronom « je » : autobiographie il raconte son histoire, son enfance. (?)

         I-2 : L’expression du déplacement, le vagabondage.

 

 

  - l’expression du déplacement se fait par les verbes : v1 « je m’en allais » sans précision du lieu. Le temps est à l’imparfait c’est donc une valeur durative, exprime une action continue dans le passé.

- des lieux sont cependant indiqués « sous le ciel »v3, « une auberge »v7, « au bord des routes »v9 : ce sont des images traditionnelles du voyage même si ces indications sont vagues. « Sous le ciel »v3 est mis en valeur grâce à la césure.

= cette liberté suppose un espace affranchi de toutes limites : ici les termes qui l’énoncent évoquent l’immensité idéale ou les lieux indéfinis du vagabondage.

 

 

 I-3 : Le voyage, inséparable de la poésie.

- Dès le titre nous observons « Ma bohême » il est question de sa vie et individualise ce voyage. Le mot « bohème » établit un lien avec le milieu littéraire grâce au champ lexical de la poésie « petit poucet »v6, « rêveur »v6, « Muse »v3 : le voyageur est donc un poète.  

- Le champ lexical de la rime « rime »v7, « rimant »v11 renforcé par le rejet  v7 « rime».

 Rimbaud nous montre que tout est soumis à une métamorphose, il est d’abord « féal »v3 puis « petit poucet »v6.

 - La poésie est l’activité essentielle du jeune voyageur notamment grâce au mot « lyre »v13 : instrument qui symbolise le poète.  

 

 

 - « comme des lyres, je tirais les élastiques… »v13 : le poète se dessine sous les traits d’un Orphée humoristique, fascinant et vagabond.  

 

 

 II/ A la recherche d’une muse poétique (= source d’inspiration)  

II- 1 La nature semble protéger le poète

- C.L. de la nature : « ciel »v3, « Grande Ourse » v7, « étoile et ciel »v8, « gouttes »v10, « ombres »v12 : fait référence au lyrisme du poème 

 

 

  - Elle prend la figure d’une femme réconfortante et maternelle, « doux frou-frou »v8 « Grande Ourse »v7.

- La nature est un lieu de protection v1, 9, 10

 - il ressent une complicité à travers la nature « des gouttes de rosée à mon front, comme un vin de vigueur »v10-11.  

 

 

II- 2 : Une fantaisie verbale - dans la dimension humoristique de la poésie qui s’écrit à partir d’un contraste entre les registres de langue différents.

 

 

- assonance en « ou » v8 : présence féminine?

- allitération en « s » v10 : présence de la nature

- beaucoup de ruptures dans les alexandrins v3.4.6…+ enjambements et rejets v6 et 10 « oh !la !la » : exprime »=l’amusement de Rimbaud = l’auteur respecte les contraintes des caractéristiques du sonnet mais les dépasse par ces rejets qui amènent la surprise chez le lecteur. 

 II- 3 : A travers son voyage, le poète découvre son inspiration, sa liberté dans un monde fantastique.

-« je m’en allais », « j’allais », « ma course », « au bord des routes », « poches crevées » : évoque que la liberté est inséparable de la notion de bonheur, les verbes exprime son errance. 

- « muse »v3, « petit poucet » v6 : référence au fantastique= registre fantastique avec le symbolisme du rêve. -présence du symbolisme : le symbolisme s’efforce de dépasser les limites offertes par la réalité, il voit dans l’art un moyen d’exprimer la part spirituelle de l’être humain, à travers une réflexion sur les mystères du monde.

A travers le symbole, manifestation sensible de l’univers spirituel, le poète tente d’accéder à un monde idéal. 1er paragraphe. Rimbaud se sert de symboles pour raconter sa quête d’un monde nouveau à travers le dérèglement des sens. (cf Lettre du voyant)

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M
J'ai déjà lu ! Tiens je dois l'offfrir à Gérard!
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C
À toi qui aimes Rimbaud, je te conseille la lecture de Rimbaud le fils de Pierre Michon. Une biographie libre et poétique autant qu'une réflexion sur la poésie et l'acte d'écrire.
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