- Bonne année !
- Comment le sais-tu ?
- Toutes les années sont bonnes quand elles commencent.
- Tiens voila une jolie règle et à partir de quand deviennent-elles mauvaises ?
Elles ne le deviennent pas, elles sont soit bonnes soit mauvaises.
- Mais tu m'as dis qu'elle commencent toujours bien.
- Oui et soudain elles sont mauvaises.
- Mais comment donc ?
- En tous les cas ce n'est pas le bon qui devient mauvais.
- Tu as raison Socrate.
- Alors ça ne peut être que l'année qui devient quelque chose.
- Il ne peut en être autrement Socrate.
- Mais si une année est soit bonne, soit mauvaise, comment peut-elle devenir quelque chose de différent ?
- Tes questions sont difficiles Martin et je préfère écouter ce que toi tu en penses.
- Eh bien, cher Gros, je dis que les années sont ni bonnes ni mauvaises, c'est comme le linge, il n'est ni bon ni mauvais, il est seulement taché ou non. Or si la tache et au linge ce que le bon et à l'année, alors tout ce que l'on peut en conclure, c'est qu'une année ne peut-être tachée comme un linge, en tous les cas pas au même sens. N'est-t-il pas ?
- Il est.
- Mais alors que sont les années Martin?
- C'est simple Gorgias, elles ne sont rien qui devienne. En effet on ne dira pas du pair qu'il est devenu ainsi, n'est-ce pas ?
- En effet.
- Donc les années sont non seulement des choses qui ne deviennent pas, mais en plus des choses qu'on ne peut souhaiter.
- Que me dis-tu Raymond ?
- Je dis que si le souhaite quelque chose qui ne devient pas mais qui est, on est absurde. En effet, à quoi bon souhaiter quelque chose qui est. Et de la même manière à quoi bon souhaiter quelque chose qui n'est pas, il ne peut-être, car passer du non-être à l'être voilà qui serait comme passer d'un linge taché à un linge non taché, ce n'est possible que si le non être à un support comme la tache ou la non-tache à le linge comme support ? Me suis-tu le Gros?
- Je le souhaite Martin.
- Bien, tu as compris la leçon je vois.