Écrire pour produire la lumière dont j’ai besoin.

Écrire pour m’inventer, me créer, me faire exister.

Écrire pour soustraire des instants de vie à l’érosion du temps.

Écrire pour devenir plus fluide. Pour apprendre à mourir au terme de chaque instant. Pour faire que la mort devienne une compagne de chaque jour.

Écrire pour donner sens à ma vie. Pour éviter qu’elle ne demeure comme une terre en friche.

Écrire pour affirmer certaines valeurs face aux égarements d’une société malade.

la suite

  Un texte de Charles Juliet 

Jeudi 28 septembre 2006
  • L'art de convertir le fer forgé en acier et l'art d'adoucir le fer fondu, ou de faire des ouvrages de fer fondu aussi finis que le fer forgé. P., Brunet, 1722
    • Réaumur démontre le premier que l?acier contient du carbone. Cet ouvrage, qu'il écrit alors, est fondateur de la sidérurgie scientifique et reste le sommet de son ?uvre scientifique.
  • Fabrique des ancres, 1723
  • Mémoires pour servir à l'histoire des insectes. Imprimerie Royale, 1734 - 1742. Tome I : Chenilles et Papillons; Tome II : Suite et histoire des Insectes ennemis des Chenilles; Tome III : Histoire des Vers mineurs des feuilles, des Teignes, des fausses Teignes, des Pucerons, des ennemis des Pucerons, des faux Pucerons et l'histoire des Galles des plantes et de leurs insectes; Tome IV : Histoire des Gallinsectes, des Progallinsectes et des Mouches à deux ailes; Tome V : Suite et histoire de plusieurs Mouches à quatre ailes, savoir des Mouches à Scies, des Cigales et des Abeilles; Tome VI : Suite avec supplément des Mouches à deux ailes; Tome VII : Histoire des fourmis, Histoire des scarabées
  • Moyens d'empecher l'evaporation des liqueurs spiritueuses, dans lesquelles on veut conserver des productions de la Nature de differens genres. Acad. des sciences, 1746.
  • Art de faire éclore et d'élever en toute saison des Oiseaux Domestiques de toutes espèces, soit par le moyen de la chaleur du fumier, soit par le moyen de celle du feu ordinaire. Paris, de l?Imprimerie Royale, 1e éd. : 1749, 2e éd. : 1751. 2 volumes.
    • C'est le premier traité d'aviculture. Il se compose de 10 mémoires décrivant les différentes étapes de cette technique. Présentée à l'Académie des Sciences en 1747, cette méthode d'incubation artificielle, inspirées des techniques antiques égyptiennes, permit une amélioration considérable de l'élevage avicole en France, et fut utilisée fidèlement pendant plus de deux siècles.
  • Pratique de l'art de faire éclore et d'élever en toute saison des oiseaux domestiques de toutes espèces, soit par le moyen de la chaleur du fumier, soit par le moyen de celle du feu ordinaire. 1751.
    • C'est une sorte d'abrégé, que Réaumur destine plus aux "habitans de la campagne" qui désirent mettre en ?uvre ses découvertes qu'au public de "physiciens" et scientifiques qui étaient les destinataires de la première version.
  • Lettres a un Ameriquain sur l'histoire naturelle, generale et particuliere de monsieur de Buffon. [et :] Suite des Lettres a un Ameriquain, sur [...] l'histoire naturelle de M. de Buffon ; et sur le Traite des animaux de M. l'abbe de Condillac. Hambourg. 1751-1756. 9 parties en 4 volumes
    • Prétendument imprimées à Hambourg (à cause de la rivalité opposant Réaumur et Buffon ?), les "Lettres" - et particulièrement leurs pages de titre - sont pourvues d'une typographie imitant les impressions allemandes. "Pour Reaumur, qui se cache derrière l'abbé de Lignac, le fait de percevoir la puissance divine à travers la complexité et la perfection de ses ?uvres interdit d'en faire une synthèse. Bien plus, il est sacrilège de vouloir interpréter les observations humaines, car l'homme n'est pas forcément au centre du monde tel que l'a pensé Dieu. Partant de là, il ne pouvait que s'opposer à Buffon qui se propose de placer l'homme au centre de son Histoire naturelle" (in Pascale Heurtel dans "Tous les savoirs du Monde").
  • Art de l'Epinglier. Avec des additions de M. Duhamel du Monceau, & des remarques extraites des Mémoires de M. Perronet, inspecteur général des Ponts & Chaussées. Paris, Saillant et Nyon, 1761
    • Réaumur a été chargé par la l'Académie des sciences de la direction de la Description des divers arts et métiers.
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Jeudi 28 septembre 2006
 
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Jeudi 14 septembre 2006

http://pages.infinit.net/cabinet/representation.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Cabinet_de_curiosit%C3%A9s

Son cabinet de curiosités

Réaumur constitue un très riche cabinet de curiosités où il tente, non seulement d'obtenir un exemplaire de chacune des espèces mais surtout d'avoir des informations sur son habitat et ses mœurs. Pour Réaumur, le cabinet n'est pas un lieu simplement voué à l'entassement des collections mais doit être avant tout un outil scientifique à part entière. Son cabinet est l'un des plus riches d'Europe, seulement surpassé, sans doute, par celui de Sir Hans Sloane.

Ses collections ornithologiques sont plus réduites que ses collections de coquillages, probablement à cause des difficultés de préservation des peaux d'oiseaux, notamment des attaques des insectes. Mais elle constitue la plus riche d'Europe. Ses collections d'oiseaux sont connues grâce à l'œuvre de Mathurin Jacques Brisson (1723-1806), conservateur du cabinet de Réaumur. Il fait paraître en 1760 Ornithologie (6 volumes), l'un des plus vastes catalogues ornithologiques jamais écrit. Il accède, outre de la collection de Réaumur, à des collections privées parisiennes. L’Ornithologie de Brisson demeurera une référence durant plus d'un siècle.

À la mort de Réaumur, Buffon réussit à obtenir ses collections et à les intégrer dans le cabinet du roi, dépendant du jardin du roi, bien que Réaumur les ai légué à l'Académie.

++++ http://thoth333.club.fr/htm/curios.htm

http://www.mjt.org/exhibits/exhibitsnew.html en anglais
http://blog.france2.fr/cabinet-de-curiosites/

http://monsu.desiderio.free.fr/curiosites.html (de la langue)

onfray : http://perso.orange.fr/michel.onfray/3annee14dec.htm

http://rdereel.free.fr/

http://rdereel.free.fr/lettre k

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Mercredi 13 septembre 2006

Quelle science l'occupe? quelle scène s'ouvre devant lui? Le monde, qu'il étudie à la lueur de cette lampe, n'est-il à ses yeux qu'une vaste ruine tombée au hasard dans l'espace? Non; il lui apparaît comme un temple saint qu'une main divine soutient au milieu des astres; son génie en saisit les détails en même temps qu'il en embrasse l’ensemble; il passe des pôles à la ligne, du nord au midi, des déserts de la Finlande aux riantes solitudes de l’Île de France; l'univers se présente à lui sortant des mains du Créateur avec ses grâces virginales et ses sublimes harmonies; il voit d'éternels couchants. et d'éternelles aurores se succéder sans intervalles autour du globe; les vents qui soufflent à l'opposite les uns des autres, deux océans glacés, véritables sources des mers; des monts métalliques qui rassemblent: les eaux à leurs sommets; et les versent en fleuves sur leurs flancs inclinés; des nuages d'or et de pourpre qui se soutiennent dans les airs d'une manière miraculeuse, et, par une prévoyance qui n'est point en eux, se dirigent, toujours également sur le globe pour y entretenir la fraîcheur et la fécondité; ce temple merveilleux, dont toutes les parties sont vivantes, qui repose non sur des rochers, mais sur la lumière et l'espace, renferme dans ses zones célestes des vertus souvent méconnues et persécutées sur la terre, qu'elles couvrent de bienfaits, mais qui impriment leurs actions en caractères, inaltérables, et lumineux dans le ciel, dont elles sont descendues Voilà les richesses, voilà les contemplations de ce pauvre solitaire qui n'a peut-être au monde d'autre ami que le chien qui repose à ses pieds.

Mais, disent les savans, vers quelles sciences s'est, dirigé; son esprit? a-t-il, avec Herschel, surpris, de nouveaux astres dans leurs marches? a-t-il, comme Linné; soumis les plantes à d'ingénieuses classifications? est–il entré dans le monde des infiniment petits, sur les traces de Réaumur et de Bonnet? ou, à l'exemple de Buffon, s'est-il attaché à reproduire tous les êtres qui peuplent le globe, dans une suite de portraits pleins de grâce ou de vigueur, mais dont aucun tableau ne montre les relations, dont aucune pensée ne réunit l'ensemble?

Émule de ces grands hommes, Bernardin de Saint-Pierre embrassa toutes les sciences, non pour les rattacher à de nouveaux systèmes, mais pour les ramener à la nature et à Dieu. Un esprit vaste reçoit la lumière de toutes parts et la réfléchit par faisceaux. S'il recueille les observations, c'est pour leur donner de l'étendue; s'il les rapproche ou les divise, c'est pour en tirer des conséquences; il étudie les détails, mais pour arriver à la contemplation de l'ensemble, car l'ensemble des choses est leur seul véritable point de vue. Idée profonde, révélée à Bernardin de Saint-Pierre par l'étude et l'observation et dont il fit la base de tous ses ouvrages. Ainsi chaque plante observée par Linné, il la replace dans son site; chaque insecte observé par Réaumur, il le rend à sa plante; chaque animal décrit par Buffon, il le ramène sur son sol natal. Nos vaines sciences avaient tout brouillé en voulant tout classer; il rétablit l'ordre de Dieu même; il rend a chaque chose leurs relations primitives; il reconstruit le livre de la nature, afin de nous y faire dire successivement les lois de sa sagesse, les prévoyantes de ces lois, et les bienfaits de ces prévoyances.

Cette marche si simple, et cependant si lumineuse; étonna les sophistes et blessa les savants: l'auteur écrasait l'athéisme, irritait les vanités; on l'accusa d'ignorance. Il s'en était accusé lui-même dans maints passages de son livre, conservant encore sur ses détracteurs cet avantage de savoir qu'il était ignorant. Mais cet ignorant avait eu sur toutes les sciences des aperçus nouveaux; il s'était dit: «Les savants n'étudient que leurs systèmes; source éternelle d'erreurs; étudions la nature, source éternelle de vérités. C'est en recherchant ses lois, et non en lui appliquant les nôtres; qu'on peut se promettre d'être utile aux hommes et agréable à Dieu.» Dès lors la sagesse de la Providence lui est révélée, et, pour nous borner à un seul exemple, la géographie, science aride et confuse jusqu'à lui, devient tout à coup une science divine de proportion et d'ensemble; où l'on n'avait vu que des ruines, son génie découvre un monument tout entier. En suivant la direction des montagnes, sur le globe; il reconnaît l'intelligence qui posa leurs fondements; en suivant le cours des eaux, à travers les campagnes, il signale la sagesse qui pourvoit à nos besoins; en observant les différentes zones des végétaux et des animaux dans toutes les parties du monde, il nous apprend que chaque plante a son site, chaque animal sa patrie, et que Dieu l'a ainsi voulu afin que la terre entière appartint à l'homme. Tout ce qui paraissait dans la confusion prend un ordre; tout ce qu'on attribuait au hasard devient l'œuvre d'une intelligence. Il y a une géographie des plantes, une géographie des animaux, une géographie des fleuves, une géographie des montagnes: c'est un monde nouveau que l'auteur dévoile et semble créer. Et que de prévoyances touchantes, que de relations inconnues entre ces divers phénomènes! Les végétaux sont comme de grandes familles qui se partagent le globe pour l'embellir et le féconder; l'air se charge des semences des plantes alpines, qui, semblables à des oiseaux, sont pourvues d'ailes légères; l'eau emporte les graines des plantes aquatiques, qui voguent sous leurs voiles comme des nautiles, ou glissent sur leurs nageoires comme des poissons. Le point où elles croissent, celui où elles s'arrêtent changent les mœurs et les habitudes des peuples. La géographie botanique donne à notre observateur le tableau de toute la terre: ainsi pendant que la nuit couvre encore nos rivages, le soleil se lève sur les archipels des Philippines, des Moluques et des Célèbes. Déjà le noir insulaire de Gilolo secoue les clous du giroflier, et l'habitant de Sumatra vendange les grappes qui renferment le poivre. De tous côtés, sur les rives de Java, dans les forêts pleines de paons et de pigeons au plumage d'azur, on entend crouler les noix du muscadier. Plus au nord, vers le couchant, les filles de Ceylan roulent, posée sur leurs genoux, la tendre écorce de la cannelle. Mais déjà l’astre du jour inonde l'Asie orientale des feux du midi, et prolonge ceux du matin sur l'Afrique. Voyez l'Arabe de Moka emballer dans des peaux de chameau les fèves de ses cafés, tandis que d'autres Arabes, montés sur des boeufs, côtoient le Zara et viennent nous apporter, de l'embouchure du Sénégal, les gommes de l'Afrique et les parfums de l'Arabie.

Dans le même temps où, le chant des coqs de l'Asie annonce minuit sur les côtes de l'Orient, le chant des coqs de l'Amérique annonce le point du jour sur les rivages de l'Occident. L'Indien de la Corée se couche sur ses ballots de coton, celui du Brésil se lève pour tordre avec effort le tabac de ses plantages; et' tandis que le Chinois patient dort auprès de la corbeille où il a dépouillé pour nous, feuille à feuille, le léger arbrisseau du thé, des troupes d'enfants, au Mexique, ramassent sur les opuntia la cochenille, de leurs doigts teints de carmin, et les filles de Caracas cueillent sur les bords des fleuves les gousses du cacao, et sur les rochers voisins les siliques parfumées de la vanille!

 
Source
L. AIMÉ-MARTIN, «Supplément aux mémoires de sa vie», Correspondance de Jacques-Henri-Bernardin de Saint-Pierre, tome 1, Paris, Ladvocat, 1826.
 
 http://agora.qc.ca/reftext.nsf/Documents/Bernardin_de_Saint-Pierre--La_science_de_Bernardin_de_Saint-Pierre_par_Louis_Aime-Martin 

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Mercredi 13 septembre 2006

Je me doutais bien, madame(1), que l'aveugle-né, à qui M. de Réaumur vient de faire abattre la cataracte, ne nous apprendrait pas ce que vous vouliez savoir ; mais je n'avais garde de deviner que ce ne serait ni sa faute, ni la vôtre. J'ai sollicité son bienfaiteur par moi-même, par ses meilleurs amis, par les compliments que je lui ai faits ; nous n'en avons rien obtenu, et le premier appareil se lèvera sans vous. Des personnes de la première distinction ont eu l'honneur de partager son refus avec les philosophes; en un mot, il n'a voulu laisser tomber le voile que devant quelques yeux sans conséquence. Si vous êtes curieuse de savoir pourquoi cet habile académicien fait si secrètement des expériences qui ne peuvent avoir, selon vous, un trop grand nombre de témoins éclairés, je vous répondrai que les observations d'un homme aussi célèbre ont moins besoin de spectateurs, quand elles se font, que d'auditeurs, quand elles sont faites. Je suis donc revenu, madame, à mon premier dessein ; et, forcé de me passer d'une expérience où je ne voyais guère à gagner pour mon instruction ni pour la vôtre, mais dont M. de Réaumur tirera sans doute un bien meilleur parti, je me suis mis à philosopher avec mes amis sur la matière importante qu'elle a pour objet. Que je serais heureux, si le récit d'un ,de nos entretients pouvait me tenir lieu, auprès de vous, du spectacle que je vous avais trop légèrement promis !

     Le jour même que le Prussien(2) faisait l'opération de la cataracte à la fille de Simoneau, nous allâmes interroger l'aveugle-né du Puisaux(3) : c'est un homme qui ne manque pas de bon sens; que beaucoup de personnes connaissent ; qui sait un peu de chimie, et qui a suivi, avec quelques succès, les cours de botanique au Jardin du Roi. I1 est né d'un père qui a professé avec applaudissement la philosophie dans l'université de Paris. I1 jouissait d'une fortune honnête, avec laquelle il eût aisément satisfait les sens qui lui restent ; mais le goût du plaisir l'entraîna dans sa jeunesse : on abusa de ses penchants ; ses affaires domestiques se dérangèrent, et il s'est retiré dans une petite ville de province, d'où il fait tous les ans un voyage à Paris. Il y apporte des liqueurs qu'il distille, et dont on est très-content. Voilà, madame, des circonstances assez peu philosophiques ; mais, par cette raison même, plus propres à vous faire juger que le personnage dont je vous entretiens n'est point imaginaire.

     Nous arrivâmes chez notre aveugle sur les cinq heures du soir, et nous le trouvâmes occupé à faire lire son fils avec des caractères en relief : il n'y avait pas plus d'une heure qu'il était levé ; car vous saurez que la journée commence pour lui, quand elle finit pour nous. Sa coutume est de vaquer à ses affaires domestiques, et de travailler pendant que les autres reposent. A minuit, rien ne le gêne; et il n'est incommode à personne. Son premier soin est de mettre en place tout ce qu'on a déplacé pendant le jour; et quand sa femme s'éveille, elle trouve ordinairement la maison rangée. La difficulté qu'ont les aveugles à recouvrer les choses égarées les rend amis de l'ordre ; et je me suis aperçu que ceux qui les approchaient familièrement, partageaient cette qualité, soit par un effet du bon exemple qu'ils donnent, soit par un sentiment d'humanité qu'on a pour eux. Que les aveugles seraient malheureux, sans les petites attentions de ceux qui les environnent ! Nous-mêmes, que nous serions à plaindre sans elles ! Les grands services sont comme de grosses pièces d'or ou d'argent qu'on a rarement occasion d'employer ; mais les petites attentions sont une monnaie courante qu'on a toujours à la main.

http://perso.orange.fr/union.rationaliste44/Cadres%20Dossiers%20en%20Ligne/Dossiers_en_ligne/Philosophie/Diderot/lettre_sur_les_aveugles.htm#texte

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