Écrire pour produire la lumière dont j’ai besoin.

Écrire pour m’inventer, me créer, me faire exister.

Écrire pour soustraire des instants de vie à l’érosion du temps.

Écrire pour devenir plus fluide. Pour apprendre à mourir au terme de chaque instant. Pour faire que la mort devienne une compagne de chaque jour.

Écrire pour donner sens à ma vie. Pour éviter qu’elle ne demeure comme une terre en friche.

Écrire pour affirmer certaines valeurs face aux égarements d’une société malade.

la suite

  Un texte de Charles Juliet 

Mercredi 29 novembre 2006

 ABOLITIONS

1807 Angleterre
1829 Mexique
1846 Tunisie
1847 Danemark
1848 France
1861 Russie
1865 USA
1886 Cuba
1853 Argentine
1854 Venezuela
1855 Perou
1888 Brésil
1931 Ethiopie
1984 Mauritanie 
 La société des Amis des Noirs est créée le 19 février 1788 à Paris sous la direction notamment de Brissot et Mirabeau. Elle compte 141 membres au début de 1789 dont Condorcet, la Fayette et l'abbé Grégoire. La société fait campagne dans la presse pour l'abolition de l'esclavage. Elle voulait une émancipation immédiate des esclaves. Grâce à cette propagande, 49 cahiers de doléances sur 600 mentionnèrent dans leurs revendications l'abolition de l'esclavage.
La Convention abolit l'esclavage le 4 février 1794 en ces termes :
"La Convention déclare l'esclavage des nègres aboli dans toutes les colonies ; en conséquence, elle décrète que tous les hommes, sans distinction de couleur, domiciliés dans les colonies, sont citoyens français et jouiront de tous les droits assurés par la Constitution."
Les raisons de cette décision étaient aussi politique : un moyen de lutte contre les anglais.
Bonaparte rétablit l'esclavage par la loi du 10 mai 1802

Source : d'après "Histoire et dictionnaire de la Révolution Française" J.Tulard, JF.Fayard, A.Fierro edit. R.Laffont

La traite des esclaves fut interdite en Angleterre le 2 mars 1807
Elle fut interdite par Napoléon le 29 mars 1815.

Le servage est aboli en Russie en 1861

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Mercredi 29 novembre 2006

 Œuvres sur le mythe du bon sauvage

  Encyclopédie, article « Homme ».
  BOUGAINVILLE (de) L.-A., Voyage autour du monde.
  CARRIERE J.-C., La Controverse de Valladolid (voir aussi le film de J.-D. VERHAEGHE).
  COETZEE J. M., Michael K, sa vie, sa vie, son temps ; Foe ; En attendant les barbares.
  COOPER F., Le Dernier des Mohicans.
  DAENINCKX D., Cannibales.
  DEFOE D., Robinson Crusoé.
  DIDEROT D., Le Supplément au voyage de Bougainville.
  GOLDING W., Sa majesté des Mouches.
  LERY (de) J., Histoire d’un voyage fait en la terre du Brésil.
  MALSON L., L’Enfant sauvage.
  MERLE R., L’île.
  MONTAIGNE (de) M., Essais (livre I : « Des Cannibales » ; livre 3 : « Des Coches »).
  ROUSSEAU J.-J., Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes ; Du contrat social.
  TODOROV T., Nous et les autres.
  TOURNIER M., Vendredi ou la vie sauvage ; Vendredi ou les limbes du Pacifique (réécritures de Robinson Crusoé.
  VOLTAIRE, L’Ingénu ; Candide (chapitres 17 et 18 sur l’Eldorado).

Autres références

  HERGE, Tintin au Congo (bande dessinée).
  BOORMAN J., La Forêt d’émeraude (film). - UYS J., Les Dieux sont tombés sur la tête (film).
  VERHAEGHE J.-D., La Controverse de Valladolid (film ; voir aussi le livre de J.-C. CARRIERE).

 

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Mercredi 16 août 2006
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Samedi 1 juillet 2006

Lettre ouverte au Ministre de l’Intérieur de la République Française,

 

à l’occasion de sa visite en Martinique.
 
 
DE LOIN.
Par Edouard GLISSANT et Patrick CHAMOISEAU
 
 
M. le Ministre de l’Intérieur,
 
La Martinique est une vieille terre d’esclavage, de colonisation, et de néo-colonisation. Mais cette interminable douleur est un maître précieux : elle nous a enseigné l’échange et le partage. Les situations déshumanisantes ont ceci de précieux qu’elles préservent, au cœur des dominés, la palpitation d’où monte toujours une exigence de dignité. Notre terre en est des plus avides.
Il n’est pas concevable qu’une Nation se renferme aujourd’hui dans des étroitesses identitaires telles que cette Nation en soit amenée à ignorer ce qui fait la communauté actuelle du monde : la volonté sereine de partager les vérités de tout passé commun et la détermination à partager aussi les responsabilités à venir. La grandeur d’une Nation ne tient pas à sa puissance, économique ou militaire (qui ne peut être qu’un des garants de sa liberté), mais à sa capacité d’estimer la marche du monde, de se porter aux points où les idées de générosité et de solidarité sont menacées ou faiblissent, de ménager toujours, à court et à long terme, un avenir vraiment commun à tous les peuples, puissants ou non. Il n’est pas concevable qu’une telle Nation ait proposé par une loi (ou imposé) des orientations d’enseignement dans ses établissements scolaires, comme aurait fait le premier régime autoritaire venu, et que ces orientations visent tout simplement à masquer ses responsabilités dans une entreprise (la colonisation) qui lui a profité en tout, et qui est de toutes manières irrévocablement condamnable.
Les problèmes des immigrations sont mondiaux : les pays pauvres, d’où viennent les immigrants, sont de plus en plus pauvres, et les pays riches, qui accueillaient ces immigrants, qui parfois organisaient leur venue pour les besoins de leurs marchés du travail et, disons-le, en pratiquaient comme une sorte de traite, atteignent peut-être aujourd’hui un seuil de saturation et s’orientent maintenant vers une traite sélective. Mais les richesses créées par ces exploitations ont généré un peu partout d’infinies pauvretés, lesquelles suscitent alors de nouveaux flux humains : le monde est un ensemble où l’abondance et le manque ne peuvent plus s’ignorer, surtout si l’une provient de l’autre. Les solutions proposées ne sont donc pas à la hauteur de la situation. Une politique d’intégration (en France) ou une politique communautariste (en Angleterre), voilà les deux orientations générales qu’adoptent les gouvernements intéressés. Mais dans les deux cas, les communautés d’immigrants, abandonnées sans ressources dans des ghettos invivables, ne disposent d’aucun moyen réel de participer à la vie de leur pays d’accueil, et ne peuvent participer de leurs cultures d’origine que de manière tronquée, méfiante, passive : ces cultures deviennent en certains cas des cultures du retirement. Aucun des choix gouvernementaux ne propose une véritable politique de la Relation : l’acceptation franche des différences, sans que la différence de l’immigrant soit à porter au compte d’un communautarisme quelconque ; la mise en oeuvre de moyens globaux et spécifiques, sociaux et financiers, sans que cela entraîne une partition d’un nouveau genre ; la reconnaissance d’une interpénétration des cultures, sans qu’il y aille d’une dilution ou d’une déperdition des diverses populations ainsi mises en contact : réussir à se situer dans ces points d’équilibre serait vivre réellement l’une des beautés du monde, sans pour autant perdre de vue les paysages de ses horreurs.
Si chaque nation n’est pas habitée de ces principes essentiels, les nominations exemplaires sur la base d’une apparence physique, les discriminations vertueuses, les quotas déculpabilisants, les financements de cultes par une laïcité forcée d’aller plus loin, et toutes les aides versées aux humanités du Sud encore victimes des vieilles dominations, ne font qu’effleurer le monde sans pour autant s’y confronter. Ces mesures laissent d’ailleurs fleurir autour d’elles les charters quotidiens, les centres de rétention, les primes aux raideurs policières, les scores triomphants des expulsions annuelles : autant de réponses théâtrales à des menaces que l’on s’invente ou que l’on agite comme des épouvantails, autant d’échecs d’une démarche restée insensible au réel.
Aucune situation sociale, même la plus dégradée, et même surtout celle-là, ne peut justifier d’un traitement de récurage. Face à une existence, même brouillée par le plus accablant des pedigrees judiciaires, il y a d’abord l’informulable d’une détresse : c’est toujours de l’humain qu’il s’agit, le plus souvent broyé par les logiques économiques. Une République qui offre un titre de séjour, ouvre en fait sa porte à une dignité humaine à laquelle demeure le droit de penser, de commettre des erreurs, de réussir ou d’échouer comme peut le faire tout être vivant, et cette République peut alors punir selon ses lois mais en aucun cas retirer ce qui avait été donné. Le don qui chosifie, l’accueil qui suppose la tête baissée et le silence, sont plus proches de la désintégration que de l’intégration, et sont toujours très loin des humanités.
Le monde nous a ouvert à ses complexités. Chacun est désormais un individu, riche de plusieurs appartenances, sans pouvoir se réduire à l’une d’elles, et aucune République ne pourra s’épanouir sans harmoniser les expressions de ces multi-appartenances. De telles identités-relationnelles ont encore du mal à trouver leur place dans les Républiques archaïques, mais ce qu’elles suscitent comme imprécations sont souvent le désir de participation à une alter-République. Les Républiques « unes et indivisibles » doivent laisser la place aux entités complexes des Républiques unies qui sont à même de pouvoir vivre le monde dans ses diversités. Nous croyons à un pacte républicain, comme à un pacte mondial, où des nations naturelles (des nations encore sans État comme la nôtre) pourront placer leur voix, et exprimer leur souveraineté. Aucune mémoire ne peut endiguer seule les retours de la barbarie : la mémoire de la Shoah a besoin de celle de l’esclavage, comme de toutes les autres, et la pensée qui s’y dérobe insulte la pensée. Le moindre génocide minoré nous regarde fixement et menace d’autant les sociétés multi-trans-culturelles. Les grands héros des histoires nationales doivent maintenant assumer leur juste part de vertu et d’horreur, car les mémoires sont aujourd’hui en face des vérités du monde, et le vivre-ensemble se situe maintenant dans les équilibres des vérités du monde. Les cultures contemporaines sont des cultures de la présence au monde. Les cultures contemporaines ne valent que par leur degré de concentration des chaleurs culturelles du monde. Les identités sont ouvertes, et fluides, et s’épanouissent par leur capacité à se « changer en échangeant » dans l’énergie du monde. Mille immigrations clandestines, mille mariages arrangés, mille regroupements familiaux factices, ne sauraient décourager la juste posture, accueillante et ouverte. Aucune crainte terroriste ne saurait incliner à l’abandon des principes du respect de la vie privée et de la liberté individuelle. Dans une caméra de surveillance, il y a plus d’aveuglement que d’intelligence politique, plus de menace à terme que de générosité sociale ou humaine, plus de régression inévitable que de progrès réel vers la sécurité…
C’est au nom de ces idées, du fait de ces principes seuls, que nous sommes à même de vous souhaiter, de loin, mais sereinement, la bienvenue en Martinique.
 
Edouard GLISSANT
Patrick CHAMOISEAU

 

 

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Samedi 1 juillet 2006

 2006

  

Allocution de Jacques Chirac, président de la République, le 10 mai 2006, au Jardin du Luxembourg, à Paris, à l'occasion de la première journée commémorative en métropole du souvenir de l'esclavage et de son abolition.

Ici même, au Sénat, le 10 mai 2001, à l'unanimité, la représentation nationale a solennellement qualifié la traite et l'esclavage de crime contre l'humanité. La France a ouvert la voie aux autres nations : mémoire et justice devaient être rendues à ces millions et ces millions de victimes anonymes de l'esclavage. Aujourd'hui, 10 mai 2006, la France célèbre la première journée consacrée en métropole à la mémoire de la Traite négrière, de l'esclavage et de leurs abolitions.  

La Traite occidentale, du début du XVIème jusqu'au milieu du XIXème siècle, ne fut ni la première, ni la seule manifestation de la traite négrière, qui s'est étendue sur plus d'un millénaire. Et elle a nécessité, c'est vrai, des complicités multiples, jusque dans les pays d'origine des esclaves.

Mais, par le caractère systématique qu'elle a revêtu, par son extension géographique, la Traite occidentale a exercé une influence sur l'évolution de tout notre monde. Le commerce triangulaire a été une entreprise de déshumanisation qui a duré plusieurs siècles, et à l'échelle de plusieurs continents. Une tragédie, qui a vu la déportation en masse d'hommes, de femmes, d'enfants, arrachés à leur terre, aux leurs, et convoyés comme des animaux.  

En ravalant les esclaves au rang de "biens meubles", le Code noir, promulgué en France en 1685, leur déniait la qualité d'homme. La légende biblique elle-même fut pervertie, pour légitimer ce trafic odieux : certains prétendirent que les Noirs descendaient de Cham, maudit par son père Noé. Et voilà comment l'on essaya de justifier l'infâme et l'injustifiable.  

Ne nous y trompons pas : aujourd'hui encore, cette tragédie a des échos. En Occident notamment, elle a donné corps aux thèses racistes les plus insupportables, en contradiction absolue avec les idées des Lumières. En privant l'Afrique d'un sang vigoureux, elle a épuisé ce continent. Et, aujourd'hui encore, des formes d'esclavage et de travail forcé subsistent dans le monde, contre lesquelles nous devons plus que jamais nous mobiliser.  

Dans ce drame, pourtant, sont nés de nouveaux peuples, et une culture forte et originale : nous venons d'en avoir deux puissants exemples, avec la "Forêt des Mânes", ce voyage à travers la mémoire des ancêtres, accompli par Léa de Saint-Julien, que je félicite encore et qui a fait une superbe réalisation.

Et avec l'interprétation par Jacques Martial de cet immense poète qu'est Aimé Césaire. Dans cet extrait du Cahier d'un retour au Pays natal, vous aurez noté que jamais le mot d'"esclavage" n'est prononcé. Et cette absence augmente encore la puissance de l'évocation. Elle fait surgir la réalité dans la béance même de ce qui n'est pas dit. Quel hommage à la noblesse de celles et de ceux à qui l'on a tout ôté, sauf l'essentiel : l'humanité.

Cette première journée à la mémoire de l'esclavage et de ses abolitions constitue une étape très importante pour notre pays. D'autant plus importante que, depuis toujours, l'Outre-Mer a partie liée avec la République et participe à la nature même de notre identité française.  

J'ai voulu que tous les pouvoirs publics se mobilisent à l'occasion de cette commémoration, pour signifier la participation de la nation tout entière à cette prise de conscience empreinte de gravité et de fraternité.  

Aujourd'hui, auront lieu de très nombreuses manifestations publiques. Un hommage sera rendu aux grands hommes, inhumés au Panthéon, qui ont combattu l'esclavage : Toussaint Louverture, le commandant Delgrès, Victor Schoelcher. Dans les établissements scolaires, les enseignants organiseront un moment de réflexion et de recueillement dans leur classe. Les chaînes publiques de radio et de télévision proposeront une programmation spéciale. Chaque préfet organisera dans son département une cérémonie en souvenir de l'esclavage. Et le Gouvernement français est représenté à Gorée, au Sénégal, un des lieux de départ de la Traite, Gorée qui a vu tant de souffrances et tant de déchirements.  

Regarder tout notre passé en face, c'est une des clés de notre cohésion nationale. C'est une force supplémentaire pour notre avenir car c'est la marque de notre capacité à avancer, ensemble. Nous devons regarder ce passé sans concession, mais aussi sans rougir. Car la République est née avec le combat contre l'esclavage. 1794, 1848 : la République, c'est l'abolition.  

Nous sommes les héritiers de ces républicains. Nous pouvons être fiers de leur combat pour les droits de l'homme. Aujourd'hui encore, leur engagement nous oblige. Cette première commémoration n'est pas un aboutissement : c'est un début. C'est l'affirmation nécessaire d'une mémoire de l'esclavage partagée par tous les Français.  

Quelle que soit notre origine, nous sommes tous réunis par une identité majeure : l'amour de la France, la fierté de vivre ici, le sentiment de la communauté nationale, le respect des lois de la République.  

Le combat de la République pour l'égalité, l'unité, la fraternité, la liberté, c'est un combat plus que jamais actuel, à l'intérieur comme à l'extérieur de nos frontières. Pour que vive la République, il nous faut lutter sans relâche contre tout ce qui peut l'empoisonner. Les discriminations font perdre la foi républicaine à ceux qui en sont victimes. Les discriminations, le racisme, c'est la négation de tout ce que nous sommes, de tout ce qui nous avons construit, de tout ce qui nous fait vivre en tant que Nation.  

Pour vaincre les préjugés, il faut lutter contre l'ignorance, contre l'oubli. C'est aussi pour cela que nous avons besoin de cette journée en mémoire de l'esclavage.  

Pour que cet événement vive dans la durée, il faut maintenant l'incarner dans un lieu de mémoire, de travail, d'échange. Un lieu de recherche, de culture, de fraternité. C'est la mission que j'ai confiée au Professeur Edouard Glissant, chargé de préfigurer le futur Centre national consacré à la traite, à l'esclavage et à leurs abolitions.  

Il faut également à cette mémoire un lieu symbolique, porté par une œuvre forte. Ici même, au Jardin du Luxembourg, où la Haute Assemblée s'est prononcée le 10 mai 2001, prendra place une œuvre originale commémorant la Traite négrière, l'esclavage et leurs abolitions. Je demande au ministre de la culture d'organiser dans les meilleurs délais un concours public à cette fin.

La France, c'est l'exigence. Exigence de mémoire, exigence de justice, exigence de vérité et de fraternité. C'est parce qu'elle a toujours porté ce message qu'elle occupe dans le monde une place singulière. Face à l'infamie de l'esclavage, la France a été au rendez-vous, la première. Ce combat, elle continuera à le mener, pour la mémoire et contre toutes les formes modernes de l'oubli ou de l'esclavage. C'est sa vocation et c'est sa grandeur.  

Et, au-delà de ce combat, à travers le souvenir de l'esclavage et de ses abolitions, c'est aussi la diversité française que nous célébrons aujourd'hui. Une diversité, ferment d'unité. Une diversité qui fait notre force et dont nous pouvons et devons être fiers.

Source : Présidence de la République, Elysée, Paris, mai 2006.

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