Écrire pour produire la lumière dont j’ai besoin.

Écrire pour m’inventer, me créer, me faire exister.

Écrire pour soustraire des instants de vie à l’érosion du temps.

Écrire pour devenir plus fluide. Pour apprendre à mourir au terme de chaque instant. Pour faire que la mort devienne une compagne de chaque jour.

Écrire pour donner sens à ma vie. Pour éviter qu’elle ne demeure comme une terre en friche.

Écrire pour affirmer certaines valeurs face aux égarements d’une société malade.

la suite

  Un texte de Charles Juliet 

Lundi 20 août 2007 1 20 /08 /Août /2007 15:52
On entendait dans la pièce attenante jouer du piano. Meaulnes avança curieusement la tête. C'était une sorte de petit salon-parloir ; une femme ou une jeune fille, un grand manteau marron jeté sur ses épaules, tournait le dos, jouant très doucement des airs de rondes ou de chansonnettes. Sur le divan, tout à côté, six ou sept petits garçons et petites filles rangés comme sur une image, sages comme le sont les enfants lorsqu'il se fait tard, écoutaient. De temps en temps seulement, l'un d'eux, arc-bouté sur les poignets, se soulevait, glissait par terre et passait dans la salle à manger : un de ceux qui avaient fini de regarder les images venait prendre sa place...

Après cette fête où tout était charmant, mais fiévreux et fou, où lui-même avait si follement poursuivi le grand pierrot, Meaulnes se trouvait là plongé dans le bonheur le plus calme du monde.

 

Sans bruit, tandis que la jeune fille continuait à jouer, il retourna s'asseoir dans la salle à manger, et, ouvrant un des gros livres rouges épars sur la table, il commença distraitement à lire.

 

Presque aussitôt un des petits qui étaient par terre s'approcha, se pendit à son bras et grimpa sur son genou pour regarder en même temps que lui ; un autre en fit autant de l'autre côté. Alors ce fut un rêve comme son rêve de jadis. Il put imaginer longuement qu'il était dans sa propre maison, marié, un beau soir, et que cet être charmant et inconnu qui jouait du piano, près de lui, c'était sa femme...


Je penche de plus en plus pour l'Augustin bien que l'écriture ...


  faut voir

Par L'empoisonneuse
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Commentaires

euuuuuh
un peu surpris, mais vraiment ravi, qu'un lien vers mon blog figure à la suite d'un tel texte... je ne vois pas immédiatement le rapport, je ne suis pas du tout à cette hauteur c'est incontestable...
encore merci :-)
Commentaire n°1 posté par Faux rêveur le 27/08/2007 à 21h32
eh bien le Grand Meaulnes n'est-il pas un grand rêveur qui fabrique un vrai roman?
je ne sais pas quelle hauteur l'auteur s'autorise...
Réponse de L'empoisonneuse le 30/08/2007 à 04h29
Un délice de lecture... J'admire...
Commentaire n°2 posté par Terry le 31/08/2007 à 17h16

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