Écrire pour produire la lumière dont j’ai besoin.

Écrire pour m’inventer, me créer, me faire exister.

Écrire pour soustraire des instants de vie à l’érosion du temps.

Écrire pour devenir plus fluide. Pour apprendre à mourir au terme de chaque instant. Pour faire que la mort devienne une compagne de chaque jour.

Écrire pour donner sens à ma vie. Pour éviter qu’elle ne demeure comme une terre en friche.

Écrire pour affirmer certaines valeurs face aux égarements d’une société malade.

la suite

  Un texte de Charles Juliet 

Dimanche 31 décembre 2006
 
-         Bonne année !
- Comment le sais-tu ?
- Toutes les années sont bonnes quand elles commencent.
-  Tiens voila une jolie règle et à partir de quand deviennent-elles mauvaises ?
Elles ne le deviennent pas, elles sont soit bonnes soit mauvaises.
- Mais tu m'as dis qu'elle commencent toujours bien.
- Oui et soudain elles sont mauvaises.
- Mais comment donc ?
- En tous les cas ce n'est pas le bon qui devient mauvais.
- Tu as raison Socrate.
- Alors ça ne peut être que l'année qui devient quelque chose.
- Il ne peut en être autrement Socrate.
- Mais si une année est soit bonne, soit mauvaise, comment peut-elle devenir quelque chose de différent ?
- Tes questions sont difficiles Martin et je préfère écouter ce que toi tu en penses.
- Eh bien, cher Gros, je dis que les années sont ni bonnes ni mauvaises, c'est comme le linge, il n'est ni bon ni mauvais, il est seulement taché ou non. Or si la tache et au linge ce que le bon et à l'année, alors tout ce que l'on peut en conclure, c'est qu'une année ne peut-être tachée comme un linge, en tous les cas pas au même sens. N'est-t-il pas ?
- Il est.

- Mais alors que sont les années Martin?
- C'est simple Gorgias, elles ne sont rien qui devienne. En effet on ne dira pas du pair qu'il est devenu ainsi, n'est-ce pas ?
- En effet.
- Donc les années sont non seulement des choses qui ne deviennent pas, mais en plus des choses qu'on ne peut souhaiter.

- Que me dis-tu Raymond ?
- Je dis que si le souhaite quelque chose qui ne devient pas mais qui est, on est absurde. En effet, à quoi bon souhaiter quelque chose qui est. Et de la même manière à quoi bon souhaiter quelque chose qui n'est pas, il ne peut-être, car passer du non-être à l'être voilà qui serait comme passer d'un linge taché à un linge non taché, ce n'est possible que si le non être à un support comme la tache ou  la non-tache à le linge comme support ? Me suis-tu le Gros?
- Je le souhaite Martin.
- Bien, tu as compris la leçon je vois.
 
 
 
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Samedi 30 décembre 2006

http://www.georgesand.culture.fr/fr/plan.htm

 “ Notre œuvre ne vaut jamais que parce que nous valons nous-mêmes ”


George Sand à Gustave Flaubert, 12 janvier 1876,
Correspondance, t. XXIV, p. 512


 

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Vendredi 29 décembre 2006

Amour,
Que faire pour vous dire l'insomnie de l'amour
quand dans mon pays on ne parle que par métaphore ?
Comprendriez-vous la force des sentiments
si je vous disais Que je meure dans votre vie ?
une romance est dans mes yeux
et mon coeur est blanc comme la soie
tout en moi se souvient de vos rêves
et je porte en moi l'ombre de votre regard,
vous qui n'êtes plus
parce que vous m'aviez pris au mot
et c'est dans ma vie que la douleur vous a emportée.
Que faire à présent des métaphores et des larmes ?

Tahar Ben Jelloun.
Tanger 14 novembre 2006.

 

 

 

 

 

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Jeudi 28 décembre 2006
Ton regard. Ta voix

tu parais

ton regard s’empare du mien
m’enveloppe de silence de tendresse

ta voix garde l’empreinte
de ce qui t’a meurtrie
et pourquoi naguère n’ai-je pas été là
pour empêcher que survienne
l’épreuve qui t’a laissé cette fêlure

tu parais

mes cinq sens se mettent à l’affût
se tendent avidement vers ta bouche
tes seins tes flancs
vers tes mains prometteuses

c’est toi qui donnes sens et saveur
à ma vie
et pourtant tu es ma blessure
c’est toi qui me fais grandir


                                                                                 Charles Juliet 2007
 
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Mercredi 27 décembre 2006

Si c’est aimer, Madame, et de jour et de nuit
Rêver, songer, penser le moyen de vous plaire,
Oublier toute chose, et ne vouloir rien faire
Qu’adorer et servir la beauté qui me nuit ;
Si c’est aimer de suivre un bonheur qui me fuit,
De me perdre moi-même et d’être solitaire,
Souffrir beaucoup de mal, beaucoup craindre et me taire,
Pleurer, crier merci, et m’en voir éconduit ;
Si c’est aimer de vivre en vous plus qu’en moi-même,
Cacher d’un front joyeux une langueur extrême,
Sentir au fond de l’âme un combat inégal,
Chaud, froid, comme la fièvre amoureuse me traite,
Honteux, parlant à vous, de confesser mon mal ;
Si c’est cela aimer, furieux je vous aime.
Je vous aime, et sais bien que mon mal est fatal,
Le cœur le dit assez, mais la langue est muette.

Pierre de Ronsard

Sonnets pour Hélène, I, in Les plus beaux poèmes d’amour, Le Cherche-midi.
 

Madrigal, petite pièce de poésie, ingénieuse et galante, qui consiste seulement en quelques pensées tendres exprimées avec délicatesse et précision.
On ne sait d'où nous est venu ce genre de poésie, et l'étymologie du mot est même incertaine; d'après le cardinal Bembo, il dériverait de mandra, bergerie, d'où les Italiens auraient tiré mandriale, berger; madriale ou madrigale signifierait alors chant à l'usage des bergers, poésie pastorale. Selon Ferrari; le mot serait d'origine espagnole, et viendrait de madrugar, se lever de bon matin : madrigal voudrait dire chant du matin, comme sérénade, chant du soir. Huet pense que le madrigal pourrait bien nous venir des Martegaux, montagnards provençaux, auxquels on attribue une espèce de poésie appelée de leur nom martegal, comme la danse appelée gavotte nous est venue des Gavots, montagnards du pays de Gap. Selon Ménage enfin, il ne serait pas impossible que le madrigal vint d'une ville d'Espagne ainsi nommée, comme notre Vaudevillea pris le sien du Val de Vire, qui fut son berceau. Le madrigal n'est soumis à aucune règle particulière, quant au rythme et à l'ordonnance; ce qui le distingue, c'est. le naturel et la facilité; et le talent consiste à rendre une seule idée le mieux et le plus brièvement possible.

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