Écrire pour produire la lumière dont j’ai besoin.

Écrire pour m’inventer, me créer, me faire exister.

Écrire pour soustraire des instants de vie à l’érosion du temps.

Écrire pour devenir plus fluide. Pour apprendre à mourir au terme de chaque instant. Pour faire que la mort devienne une compagne de chaque jour.

Écrire pour donner sens à ma vie. Pour éviter qu’elle ne demeure comme une terre en friche.

Écrire pour affirmer certaines valeurs face aux égarements d’une société malade.

la suite

  Un texte de Charles Juliet 

Vendredi 25 août 2006

Je vous viens d'un pays en dedans des souffrances
Où je dois me créer grâce à mes créatures;
J'y possède depuis mon premier souvenir
Un cheval immobile qui mâche de biais
Son trèfle et j'y possède ce trèfle qui lui tire
En gamin sur les dents pour être enfin mangé.


Dans ce pays en dedans des souffrances,
Le chuchotis du Temps n'alourdit plus les branches,
Les mots tombent de moi, sans poids, plus nuls qu'un songe
Où jamais ne s'émut que le remous d'une ombre;
Trop imagés de mort pour n'être pas présages,
Mes héros délivrés m'ont laissé leurs blessures.


Dans ce pays en dedans des souffrances,
Voici ma joie, oui, joie, - semblable à ma torture:
J'y murmure très seul des silences plus ténus
Que moi-même ou parfois, triste plaisir trop pur,
Au paradis de l'art d'où nul ne revient plus,
Je poursuis sans nul but l'aventure des nues.


Seuls les jeux des oiseaux, des ruisseaux, des herbages,
M'aident lorsque je veux descendre en votre sang
Pour céder tous mes cris à l'amour des vivants,
(Oh! pleurs, détruirez-vous d'eux à moi la distance?)
A l'amour des passants, moi qui suis de passage
Et qui ne prétends plus qu'à mon trop haut tourment.


Et lorsqu'au sol enfin j'accède en égaré,
J'y suis contrebandier d'indicibles souffrances
En me cachant de tous je les porte au marché,
Contre elles dans un coin je demande en silence
De ce vin qu'il me faut pour ne pas trop pleurer,
Mais je n'insiste pas, je suis contrebandier.

Armand Robin Ma Vie Sans Moi, Pays (1ère partie)

Avant sa publication en volume,
ce poème est paru d'abord dans la revue Volontés en mai 1939.

http://www.armandrobin.org/poemes_ind_index.htm

 

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Vendredi 25 août 2006
Barème pourri carême prenant
 
  0         ni fait ni à faire                                                                                     0
  4        bâclé la prochaine fois je ne corrige pas                                                      4
  6        un petit plus à rajouter en bonne voie                                                        12
  8        efficace clair justifié bref consignes appliquées                                         16
10       non pas l’illusoire perfection mais l’excellente application                              20
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Dimanche 20 août 2006

Jamais nul vrai plaisir à tirer ces
lignes sinon celui parfois de voir
ou d’entendre la doublure ou
l’écho qui susurre la désentente

l’en-dessous qui relance fait déboîter
bifurquer pour poursuivre droit où
l’on ne sait enchaînement sans lien
qu’ensuite un scrupule une inquiétude

essaient d’élucider par l’intercalation
de verres correctifs Ces sonnets sont
des chimères de papier crépon greffons

arlequinés cousus d’autant d’items que
d’instantanés distraits du plan-séquence
des flux — Je est un bal masqué

Christian Bernard

 

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Mercredi 16 août 2006
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Samedi 12 août 2006

(A voix basse, avec un air épouvanté).

Retenez-vous de rire
dans le petit matin.
N'écoutez pas les arbres
qui gardent les chemins.


Ne dites votre nom
à la terre endormie
qu'après minuit sonné.


A la neige à la pluie
ne tendez pas la main.


N'ouvrez votre fenêtre
qu'aux petites planètes
que vous connaissez bien.
Confidence pour confidence
vous qui venez me consulter
méfiance, méfiance
On ne sait pas ce qui peut arriver.


Jean Tardieu

par Mes Dés publié dans : premiere-aile
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