Écrire pour produire la lumière dont j’ai besoin.

Écrire pour m’inventer, me créer, me faire exister.

Écrire pour soustraire des instants de vie à l’érosion du temps.

Écrire pour devenir plus fluide. Pour apprendre à mourir au terme de chaque instant. Pour faire que la mort devienne une compagne de chaque jour.

Écrire pour donner sens à ma vie. Pour éviter qu’elle ne demeure comme une terre en friche.

Écrire pour affirmer certaines valeurs face aux égarements d’une société malade.

la suite

  Un texte de Charles Juliet 

Mardi 24 juillet 2007
 Le roman et ses personnages : visions de l’homme et du monde

    À partir des questions que soulève l’étude des personnages, il s’agira d’aborder le roman comme une forme littéraire privilégiée de représentation de l’homme et du monde. En situant une œuvre dans son contexte littéraire, historique et culturel, on s’interrogera sur l’évolution du genre romanesque.

    Corpus : un roman au choix du professeur (du XVIIème siècle à nos jours), accompagné de textes et de documents complémentaires (les lectures cursives seront encouragées).
    Perspectives d’étude : connaissance des genres et des registres ; approche de l’histoire littéraire et culturelle ; réflexion sur l’intertextualité et la singularité des textes.


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Mercredi 18 juillet 2007
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Jeudi 5 juillet 2007

 

 

 

Avignon, le théâtre au coeur

LE MONDE | 04.07.07 | 18h21  •  Mis à jour le 04.07.07 | 19h12


En 1947, René Char présente Jean Vilar à ses amis Yvonne et Christian Zervos, qui préparent pour le mois de septembre une grande exposition de peinture dans le Palais des papes d'Avignon. Les Zervos veulent accompagner cette manifestation d'un spectacle. Jean Vilar leur en propose trois, dont Richard II, de Shakespeare, joué dans la Cour d'honneur. Le Festival d'Avignon est né.

Soixante ans plus tard, c'est au tour de René Char d'entrer dans la Cour d'honneur, où Frédéric Fisbach, l'artiste associé, met en scène ses Feuillets d'Hypnos, écrits pendant la Résistance. L'engagement qui fut au coeur de la vie du poète, à qui un hommage est rendu, trouve une résonance dans la programmation de la 61e édition. Il parcourt le champ des combats du XXe siècle, du pire au meilleur.

Jean-Pierre Vincent fait entendre Le Silence des communistes, Frank Castorf revisite Nord, de Céline, Guy Cassiers met en scène Mesfisto for Ever, de Tom Lanoye, adapté du Mephisto de Klaus Mann. Pour sa part, Agnès Varda, auteur des photos qui ont fondé la mémoire du Festival, a choisi de reprendre son installation Hommage aux Justes de France présentée au Panthéon, à Paris.

Agnès Varda reprend également une exposition de 1991, "Je me souviens de Vilar en Avignon". On y verra évidemment les photos de Gérard Philipe et de Jeanne Moreau dans Le Prince de Hombourg, créé en 1951. Jeanne Moreau revient pour un soir dans la Cour en compagnie de Sami Frey. Elle lira Quartett, de Heiner Müller.

Le troisième grand témoin de l'histoire d'Avignon est Pierre Henry, qui a créé la musique de deux ballets de Maurice Béjart, Variations pour une porte et un soupir, et la mythique Messe pour un temps présent. Lui aussi revient, avec Objectif Terre, un "concert manifeste".

A côté de cela, le théâtre retrouve toute sa vigueur dans la Cour d'honneur, où entrent Valère Novarina et Jean-François Sivadier. L'un crée sa nouvelle oeuvre, L'Acte inconnu, tout entier dédié au Verbe, et porté par un acteur d'exception, Dominique Pinon. L'autre met en scène Le Roi Lear, de Shakespeare, dans un esprit de troupe qui se réapproprie le désir de Vilar.

En revanche, il n'y aura pas de ballet au Palais. La danse joue la discrète dans cette édition qui convie seulement Sasha Waltz et Raimund Hoghe.

Si la présence de l'artiste associé, Frédéric Fisbach, s'affiche moins que celle de ses prédécesseurs, Thomas Ostermeier, Jan Fabre et Josef Nadj, elle court souterrainement à travers la programmation. Ainsi, le metteur en scène - et nouveau codirecteur, avec Robert Cantarella, du "104", rue d'Aubervilliers, dans le 19e arrondissement à Paris -, a incité Hortense Archambault et Vincent Baudriller, les jeunes "patrons" d'Avignon, à tourner leur regard vers l'Afrique.

Voici donc Faustin Linyekula et Dieudonné Niangouna. Un fleuve sépare leurs deux pays. Faustin Linyekula vient de la République démocratique du Congo - l'ex-Zaïre - et a été formé par la danse. Dieudonné Niangouna travaille dans sa ville natale, Brazzaville, la capitale de la République du Congo. Ecrits dans le nu de la vie, leurs spectacles nous donnent des nouvelles d'un continent souvent "oublié" d'Avignon.

Rodrigo Garcia puise, lui, dans la vie toute crue. Créé dans son pays natal, l'Argentine, son nouveau spectacle, Bleue. Saignante. A point. Carbonisée, réinvente le carnaval des quartiers défavorisés de Buenos Aires. En contrepoint, son Approche de l'idée de méfiance plonge dans l'intime, cet intime qui est au coeur (politique) d'une nouvelle venue, Eléonore Weber, auteur et metteur en scène de Rendre une vie vivable n'a rien d'une question vaine.

Eléonore Weber est à classer dans les atypiques du Festival, avec Christophe Fiat. Ce performer des mots s'en prend à la génération des baby-boomeur dans La Jeune Fille à la bombe. Tous les deux côtoient des metteurs en scène comme Julie Brochen, Robert Cantarella ou Ludovic Lagarde, qui font entendre Paul Claudel, Robert Garnier ou Peter Verhelst.

Parmi les étrangers, le Polonais Krzysztof Warlikowski est le plus attendu. Il met en scène la grande pièce sur le sida, Angels in America, de Tony Kushner. Cinq heures trente de spectacle : c'est le petit marathon d'Avignon, qui en réserve un de huit heures avec la reprise des Ephémères du Théâtre du Soleil.

 

Brigitte Salino


Autour de René Char

Claire, de René Char. Mise en scène Alexis Forestier.
A Mérindol, les 7 et 8 ; Châteauneuf-de-Gadagne, les 10 et 11 ; Sault, le 14 ; Tavel, les 19 et 20 ; Oppède, les 23 et 24 ; Avignon, rond-point de la Barthelasse, le 16 ; Avignon, salle Benoît-XII, les 26 et 27, à 18 heures. Durée : 1 h 15.

René Char, paysages premiers
Exposition. Hôtel de Campredon - Maison René-Char, L'Isle-sur-la-Sorgue. Du 6 juillet au 31 septembre. Tél. : 04-90-38-17-41 et 04-90-38-67-81.

René Char : la rébellion à l'oeuvre.
Textes de René Char choisis par André Velter et lus par Mireille Perrier et Hughes Quester.
Enregistré en public, au Musée Calvet et diffusé en direct par France Culture le 14 de 19 h 30 à 21 heures.

René Char, nom de guerre Alexandre. Film réalisé par Jérôme Prieur.
Cinéma Utopia-Manutention, le 14 à 14 heures (entrée libre).

Du proche au lointain

Frank Castorf (photo ci-dessous) et Rodrigo Garcia manient la provocation, jusqu'au scandale parfois. Argentin d'origine, installé à Madrid depuis 1986, Rodrigo Garcia pratique un théâtre "trash", à l'image de sa vision de la société de consommation. Il vient avec deux spectacles, Bleue. Saignante. A point. Carbonisée, et Approche de l'idée de méfiance. L'Allemand Frank Castorf, directeur de la Volksbühne de Berlin, prend le siècle à bras-le-corps, en revisitant Dostoïevski, Sartre, Döblin ou Boulgakov. Il atteint un point limite dans sa rencontre avec l'histoire en portant à la scène Nord, le roman de Céline.

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Lundi 2 juillet 2007

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François Bégaudeau, Entre les murs, éditions Verticales, 2006.

 

Chronique de la vie quotidienne pleine d’humour et de finesse, le troisième roman de François Bégaudeau dépeint un collège comme laboratoire des maux d’une cité du 19ème arrondissement de Paris. Succession de saynètes, " Entre les murs " est un roman tantôt drôle, tantôt dur – toujours émouvant. A travers le portrait d’une galerie de personnages vus par le prisme d’un professeur de français, l’auteur nous raconte une Zone d’Education Prioritaire – les fameuses ZEP – avec ses petits conflits et ses grands cas sociaux.

> Extraits :

 

« Je m'excuse mais moi, rire comme ça en public, c'est c'que j'appelle une attitude de pétasses. »

Elles ont explosé en choeur.

« C'est bon, on est pas des pétasses.

- Ça se fait pas de dire ça, m'sieur.

- J'ai pas dit que vous étiez des pétasses, j'ai dit que sur ce coup-là vous aviez eu une attitude de pétasses.

- C'est bon, c'est pas la peine de nous traiter.

- Ça s'fait pas m'sieur d'nous traiter.

- On dit pas traiter, on dit insulter.

- C'est pas la peine de nous insulter de pétasses. » »

 

« Me tournant vers Ming, j'ai dit qu'Autrichienne c'était assez connu en fait, mais bon c'était vraiment un petit pays, qu'on s'en fichait un peu des Autrichiens. Tu connais quand même le pays qui s'appelle l'Autriche, Ming ?

- Non.

- Bon ben franchement c'est pas la peine de s'esquinter le cerveau là-dessus, parce qu'en gros, c'est un pays qui n'a aucune importance dans le monde, et pas même en Europe. Est-ce que quelqu'un connaît un Autrichien célèbre ?

Aucun doigt levé, c'était plié.

- Voilà, j'vous le disais. Si une bombe rayait l'Autriche de la carte, personne s'en rendrait compte. »

François Bégaudeau, Entre les murs, éditions Verticales, 2006.

> Présentation de l'auteur :

François Bégaudeau est né à Luçon en 1971. Il est l'auteur chez Verticales de deux romans remarqués, Jouer juste (2003) et Dans la diagonale (2005), et d'une fiction biographique consacrée aux Rolling Stones, Un démocrate, Mick Jagger 1960-1969 (Naïve, 2005).

En 2006, son troisième roman, Entre les murs lui vaut de recevoir le Prix France Culture/Télérama.

François Bégaudeau est critique aux Cahiers du cinéma, collaborateur régulier de diverses revues : Inculte, Transfuge ou So Foot.

Il travaille actuellement à l'adaptation de "Entre les murs" au cinéma en collaboration avec Laurent Cantet.

> Liens :

Un article sur le livre dans Chronic'Art

Le site des éditions Verticales

Interview de François Bégaudeau sur le site du Wep pédagogique

Lecture versatile de la Page 48 du livre de François Bégaudeau lu par Isabelle Cosnard

 

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Lundi 2 juillet 2007

- Regardez-moi dans les yeux, j ' vous ai posé une question.

- Oh! M'dame, moi je fais que ça, je vous mire depuis le bédut, même que vous êtes pas mal

roulée, et qu'ça emmerde toutes les nénettes qui m'entourent et qui voudraient bien avoir

la chance d'être à votre place.

- Bon, j'en conviens, la nature m'a gâtée, mais pas de machisme, voulez-vous. Vous n'êtes

pas le petit coq que vous croyez.

- Ne vous énervez pas M'dame, ça en vaut vraiment pas la chandelle. On est là pour

parler. Moi je veux être gentil avec vous et vous vous énervez.

- Vous dites n'importe quoi, je ne m'énerve pas.

- Si, si, je vois bien, vous vous énervez.

- A quoi voyez-vous ça ?

- Vos yeux brillent.

- Laissez mes yeux tranquilles.

- Mais vous venez de me dire de vous regardez dans les yeux, faut savoir. Moi je fais

c'qu'on me dit, M'dame, et vous vous énervez.

- Mais je ne m'énerve pas, je ne m'énerve pas, combien de fois faudra-t-il que je vous

le répète pour que vous compreniez.

[...]

- Sincèrement, M'dame, je suis maintenant convaincu - vous m'avez convaincu. Votre question

était une vraie question, une belle question, une grande question, la question de ma vie, et

c'est vous qui me l'avez posée, M'dame, à moi pauvre petit candidat, cette noble et sublime

question, cette question pour un CHAMPION. Merci, M'dame, merci, de me l'avoir posée. Je vous

laisse le dernier mot.

GERARD DOUCE

 

http://www.marelle.cafewiki.org/index.php?Ecrit%20183

 

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