A. Lettre missive, en prose, écrite par un auteur ancien. Épîtres de Cicéron (Ac. 1798-1932).
P. ext., fam. Lettre généralement assez longue. Je lui ai écrit aussi une assez longue épître, pour le prier de soutenir vivement ma cause (RIVIÈRE, Corresp. [avec Alain-Fournier], 1905, p. 38) :
TOCQUEVILLE, Corresp. [avec Reeve], 1838, p. 41.
C. EXÉGÈSE et LITURG.
1. Lettre missive, en prose, écrite par un apôtre ou un père apostolique et destinée à une communauté chrétienne ou parfois à un particulier. Épître aux Romains, aux Corinthiens, aux Éphésiens, aux Hébreux; épîtres catholiques*. Il faut que je revienne (...) aux divines écritures, surtout à l'évangile et aux épîtres apostoliques (DUPANLOUP, Journal, 1851-76, p. 82). Les épîtres de saint Paul sont antérieures aux évangiles (GREEN, Journal, 1937, p. 105).
2. P. ext. et p. méton.
a) [Dans la liturg. antérieure au Concile de Vatican II] Passage de l'Ancien ou du Nouveau Testament et, le plus fréquemment, d'une Épître du Nouveau Testament, lu ou chanté à la messe ou début de la liturgie de la parole. Synon. récent première, deuxième lecture. L'épître qu'on chantait ce jour-là à la messe et qui était tirée de la fin du dixième chapitre des Proverbes (SAINTE-BEUVE, Port-Royal, t. 2, 1842, p. 28).
[Avec un compl. de nom désignant :]
[le passage qui est lu] Je viens de lire l'épître de l'enfant ressuscité par Élisée (E. DE GUÉRIN, Journal, 1838, p. 178).
[le jour, la fête où cette lecture est faite] L'épître et l'évangile du dimanche de Quasimodo (DU BOS, Journal, 1928, p. 84). L'épître de l'Immaculée Conception (CLAUDEL, Poète regarde Croix, 1938, p. 94).
b) Vieilli. Moment où l'épître est lue ou chantée. Il est bien en retard, il arrive à l'épître (BALZAC, Mais. Nucingen, 1838, p. 619).
c) Côté de l'épître. Côté droit, vu des fidèles, de l'autel, du chœur où est faite cette lecture. M. Lestrange occupait la première stalle du côté de l'épître (BILLY, Introïbo, 1939, p. 109).
Rem. On rencontre ds la docum. a) Épistole, subst. fém., vieilli et fam. Lettre adressée à quelqu'un. Synon. pop. bafouille. Pierre [] m'écrivit déjà la plus charmante, la plus intime épistole (VALÉRY, Corresp. [avec Gide], 1890-1942, p. 133). b) Épistolographe, subst. masc., vx. Écrivain de l'Antiquité ayant composé des épîtres. Les épistolographes grecs, latins (Ac. 1835, 1878). c) Épistolographie, subst. fém., vx. Art d'écrire des épîtres. Pour éviter les fraudes nombreuses auxquelles donnaient lieu (...) les conditions matérielles de l'épistolographie antique, Paul avait coutume d'envoyer aux Églises un spécimen de son écriture (RENAN, St-Paul, 1869, p. 233).
Prononc. et Orth. : [ ]. Ds Ac. 1694-1932. Fait partie des 3 mots en [- ] qui prennent un accent circonflexe : belître, épître, huître. Comparez avec chapitre, mitre, pupitre, etc. (cf. Ortho-vert 1966, p. 225). Étymol. et Hist. 1. 1174-76 epistles « lettre missive » (G. DE Du lat. class. epistola, epistula « lettre missive, épître en vers », sens 2 en lat. chrét., empr. au gr. « lettre, message écrit ».
A. Adjectif
1. [En parlant d'un inanimé abstr.]
a) Domaine du style. Qui est propre à la correspondance par lettre. Genre, talent épistolaire. Le vrai caractère du style épistolaire est l'enjouement et l'urbanité (JOUBERT, Pensées, t. 2, 1824, p. 73). Il paraît que tu fais des progrès dans l'art épistolaire, car les Collier m'ont paru enthousiasmés de ta dernière lettre remplie de style, d'esprit (FLAUB., Corresp., 1843, p. 36).
Rare, emploi subst. à valeur de neutre. Genre épistolaire. Que si vous me demandez, madame la comtesse, pourquoi j'écris tant et je me lance dans l'épistolaire avec tant de générosité (BALZAC, Lettres Étr., t. 2, 1850, p. 314).
b) Domaine des relations hum. Qui se fait par lettre. Des réclamations épistolaires de nos créanciers (BLOY, Journal, 1895, p. 192). Des cartes postales qui, dispensant même d'écrire, offrent une vingtaine de phrases standardisées, à quoi la société moderne entend ramener les échanges épistolaires entre humains (HUYGHE, Dialog. avec visible, 1955, p. 44).
2. [En parlant d'une pers.] Qui excelle dans l'art d'écrire des lettres; p. ext. qui en écrit volontiers ou beaucoup. Les amis épistolaires dont je surabonde ne remplacent rien (LAMART,. Corresp., 1831, p. 226). Si j'avais écrit à Gautier, je n'aurais pas eu de réponse, parce qu'il est fort peu épistolaire (FLAUB., Corresp., 1857, p. 201).
Emploi subst. masc. ou fém. Synon. épistolier. Les catalogues des bibliothèques mettent cet auteur parmi les épistolaires (Ac. 1835, 1878). Mon épistolaire anonyme de tous les mois, la signature de lettres au nom de Renée (GONCOURT ou Synon. (1835, 1878). (, Journal, 1889, p. 949).
Rem. L'usage actuel emploie de préférence au terme spécifique le terme générique lectionnaire, qui désigne le recueil de toutes les lectures bibliques faites au cours de la messe.
Prononc. et Orth. : [ ]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. I. 1487 subst. « livre d'épîtres » (Archives du Nord, B 3501, no 123744, fo 65 : ung epistolaire et ung euvangeliaire). II. 1. 1542 adj. « relatif à la correspondance par lettres » (E. DOLET, Epîtres familières de Cicéron ds GDF. Compl.); 2. 1622 subst. « auteur de lettres » (SOREL, Francion, p. 175 ds IGLF). I empr. au lat. médiév. epistolarium, « id. » (ca 1100 ds NIERM.), dér. de epistola (épître*). II empr. au b. lat. epistolaris, adj. « relatif à la correspondance », subst. « secrétaire impérial » epistolarius adj. « relatif à la correspondance », subst. « porteur de lettres ».





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