Écrire pour produire la lumière dont j’ai besoin.

Écrire pour m’inventer, me créer, me faire exister.

Écrire pour soustraire des instants de vie à l’érosion du temps.

Écrire pour devenir plus fluide. Pour apprendre à mourir au terme de chaque instant. Pour faire que la mort devienne une compagne de chaque jour.

Écrire pour donner sens à ma vie. Pour éviter qu’elle ne demeure comme une terre en friche.

Écrire pour affirmer certaines valeurs face aux égarements d’une société malade.

la suite

  Un texte de Charles Juliet 

Vendredi 19 mai 2006
ÉPÎTRE, subst. fém.

A. Lettre missive, en prose, écrite par un auteur ancien. Épîtres de Cicéron (Ac. 1798-1932).
P. ext., fam. Lettre généralement assez longue. Je lui ai écrit aussi une assez longue épître, pour le prier de soutenir vivement ma cause (
RIVIÈRE, Corresp. [avec Alain-Fournier], 1905, p. 38) :
Dans ma dernière lettre, je vous disais que j'avais reçu une longue lettre de notre ami Thun, que cette épître arrivée par une voie détournée était remplie de choses confidentielles auxquelles je ne puis répondre par la poste sans compromettre mon correspondant, attendu que les conservateurs allemands ont l'habitude d'ouvrir les lettres...
TOCQUEVILLE, Corresp. [avec Reeve], 1838, p. 41.
B. P. ext. Genre littéraire en vers traitant de sujets variés (littéraires, moraux, religieux, etc.) à la manière d'une lettre, avec parfois une pointe badine ou satirique. Épîtres de Boileau. J'ai l'habitude de lire quelque ode ou quelque épître de mon Horace avant de me coucher (JOUY, Hermite, t. 5, 1814, p. 57). Le vers léger, le vers des épîtres de Voltaire (FLAUB., Corresp., 1846, p. 356).
C. EXÉGÈSE et LITURG.
1. Lettre missive, en prose, écrite par un apôtre ou un père apostolique et destinée à une communauté chrétienne ou parfois à un particulier. Épître aux Romains, aux Corinthiens, aux Éphésiens, aux Hébreux; épîtres catholiques*. Il faut que je revienne (...) aux divines écritures, surtout à l'évangile et aux épîtres apostoliques (
DUPANLOUP, Journal, 1851-76, p. 82). Les épîtres de saint Paul sont antérieures aux évangiles (GREEN, Journal, 1937, p. 105).
2. P. ext. et p. méton.
a) [Dans la liturg. antérieure au Concile de Vatican II] Passage de l'Ancien ou du Nouveau Testament et, le plus fréquemment, d'une Épître du Nouveau Testament, lu ou chanté à la messe ou début de la liturgie de la parole. Synon. récent première, deuxième lecture. L'épître qu'on chantait ce jour-là à la messe et qui était tirée de la fin du dixième chapitre des Proverbes (
SAINTE-BEUVE, Port-Royal, t. 2, 1842, p. 28).
[Avec un compl. de nom désignant :]
[le passage qui est lu] Je viens de lire l'épître de l'enfant ressuscité par Élisée (
E. DE GUÉRIN, Journal, 1838, p. 178).
[le jour, la fête où cette lecture est faite] L'épître et l'évangile du dimanche de Quasimodo (
DU BOS, Journal, 1928, p. 84). L'épître de l'Immaculée Conception (CLAUDEL, Poète regarde Croix, 1938, p. 94).
b) Vieilli. Moment où l'épître est lue ou chantée. Il est bien en retard, il arrive à l'épître (
BALZAC, Mais. Nucingen, 1838, p. 619).
c) Côté de l'épître. Côté droit, vu des fidèles, de l'autel, du chœur où est faite cette lecture. M. Lestrange occupait la première stalle du côté de l'épître (
BILLY, Introïbo, 1939, p. 109).
Rem. On rencontre ds la docum. a) Épistole, subst. fém., vieilli et fam. Lettre adressée à quelqu'un. Synon. pop. bafouille. Pierre [] m'écrivit déjà la plus charmante, la plus intime épistole (
VALÉRY, Corresp. [avec Gide], 1890-1942, p. 133). b) Épistolographe, subst. masc., vx. Écrivain de l'Antiquité ayant composé des épîtres. Les épistolographes grecs, latins (Ac. 1835, 1878). c) Épistolographie, subst. fém., vx. Art d'écrire des épîtres. Pour éviter les fraudes nombreuses auxquelles donnaient lieu (...) les conditions matérielles de l'épistolographie antique, Paul avait coutume d'envoyer aux Églises un spécimen de son écriture (RENAN, St-Paul, 1869, p. 233).
Prononc. et Orth. : [ ]. Ds Ac. 1694-1932. Fait partie des 3 mots en [- ] qui prennent un accent circonflexe : belître, épître, huître. Comparez avec chapitre, mitre, pupitre, etc. (cf. Ortho-vert 1966, p. 225). Étymol. et Hist. 1. 1174-76 epistles « lettre missive » (
G. DE Du lat. class. epistola, epistula « lettre missive, épître en vers », sens 2 en lat. chrét., empr. au gr. « lettre, message écrit ».
ÉPISTOLAIRE, adj. et subst.
A.
Adjectif
1. [En parlant d'un inanimé abstr.]
a) Domaine du style. Qui est propre à la correspondance par lettre. Genre, talent épistolaire. Le vrai caractère du style épistolaire est l'enjouement et l'urbanité (
JOUBERT, Pensées, t. 2, 1824, p. 73). Il paraît que tu fais des progrès dans l'art épistolaire, car les Collier m'ont paru enthousiasmés de ta dernière lettre remplie de style, d'esprit (FLAUB., Corresp., 1843, p. 36).
Rare, emploi subst. à valeur de neutre. Genre épistolaire. Que si vous me demandez, madame la comtesse, pourquoi j'écris tant et je me lance dans l'épistolaire avec tant de générosité (
BALZAC
, Lettres Étr., t. 2, 1850, p. 314).
b) Domaine des relations hum. Qui se fait par lettre. Des réclamations épistolaires de nos créanciers (
BLOY, Journal, 1895, p. 192). Des cartes postales qui, dispensant même d'écrire, offrent une vingtaine de phrases standardisées, à quoi la société moderne entend ramener les échanges épistolaires entre humains (HUYGHE
, Dialog. avec visible, 1955, p. 44).
2. [En parlant d'une pers.] Qui excelle dans l'art d'écrire des lettres; p. ext. qui en écrit volontiers ou beaucoup. Les amis épistolaires dont je surabonde ne remplacent rien (
LAMART,. Corresp., 1831, p. 226). Si j'avais écrit à Gautier, je n'aurais pas eu de réponse, parce qu'il est fort peu épistolaire (FLAUB., Corresp., 1857, p. 201).
Emploi subst. masc. ou fém. Synon. épistolier. Les catalogues des bibliothèques mettent cet auteur parmi les épistolaires (Ac. 1835, 1878). Mon épistolaire anonyme de tous les mois, la signature de lettres au nom de Renée (GONCOURT ou Synon. (1835, 1878). (
, Journal, 1889, p. 949).
B. Subst. masc. LITURG., vx. Recueil liturgique comprenant les épîtres lues à la messe. Synon. vx épistolier. Les évangéliaires et épistolaires grecs (GASTOUÉ, Vie mus. église, 1929, p. 53).
Rem. L'usage actuel emploie de préférence au terme spécifique le terme générique lectionnaire, qui désigne le recueil de toutes les lectures bibliques faites au cours de la messe.
Prononc. et Orth. : [ ]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. I. 1487 subst. « livre d'épîtres » (Archives du Nord, B 3501, no 123744, fo 65 : ung epistolaire et ung euvangeliaire). II. 1. 1542 adj. « relatif à la correspondance par lettres » (
E. DOLET, Epîtres familières de Cicéron ds GDF. Compl.); 2. 1622 subst. « auteur de lettres » (SOREL, Francion, p. 175 ds IGLF). I empr. au lat. médiév. epistolarium, « id. » (ca 1100 ds NIERM.), dér. de epistola (épître*). II empr. au b. lat. epistolaris, adj. « relatif à la correspondance », subst. « secrétaire impérial » epistolarius adj. « relatif à la correspondance », subst. « porteur de lettres ».
,
par Mes Dés publié dans : épistolaire
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Vendredi 12 mai 2006

Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud !

Tes dix-huit ans réfractaires à l'amitié, à la malveillance, à la sottise des poètes de Paris ainsi qu'au ronronnement d'abeille stérile de ta famille ardennaise un peu folle, tu as bien fait de les éparpiller aux vents du large, de les jeter sous le couteau de leur précoce guillotine. Tu as eu raison d'abandonner le boulevard des paresseux, les estaminets des pisse-lyres, pour l'enfer des bêtes, pour le commerce des rusés et le bonjour des simples.

Cet élan absurde du corps et de l'âme, ce boulet de canon qui atteint sa cible en la faisant éclater, oui, c'est bien là la vie d'un homme! On ne peut pas, au sortir de l'enfance, indéfiniment étrangler son prochain. Si les volcans changent peu de place, leur lave parcourt le grand vide du monde et lui apporte des vertus qui chantent dans ses plaies.

Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud! Nous sommes quelques-uns à croire sans preuve le bonheur possible avec toi.


René Char  Fureur et mystère, 1962     Polémique de Léo Ferré

Auhasard

par Mes Dés publié dans : modernité de la poésie
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Mercredi 10 mai 2006

La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,

Un rond de danse et de douceur,

Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,

Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu

C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.

 

Feuilles de jour et mousse de rosée,

Roseaux du vent, sourires parfumés,

Ailes couvrant le monde de lumière,

Bateaux chargés du ciel et de la mer,

Chasseurs des bruits et sources des couleurs,

 

Parfums éclos d'une couvée d'aurores

Qui gît toujours sur la paille des astres,

Comme le jour dépend de l'innocence

Le monde entier dépend de tes yeux purs

Et tout mon sang coule dans leurs regards.

 

Paul Eluard (1895-1952), extrait de Capitale de la douleur
http://www.ac-reunion.fr/pedagogie/lyvergerp/FRANCAIS/Blason/Corpus.htm

« La courbe de tes yeux » Paul Eluard p 525 anthologie Hachette


Problématique : En quoi Paul Eluard s’adresse t-il à l’être aimée en s’appuyant sur le regard et en étant en harmonie avec le décor ?


1) Paul Eluard s’adresse à l’être aimée en s’appuyant sur le regard

1.1.  Le poète s’adresse à la femme aimée
- Les pronoms personnels et les adjectifs possessifs sont nombreux : « mon cœur », « tes yeux »
*      Renvoient à un « je » ou à un « tu »
Ce texte est construit sur l’échange entre un « je » et un « tu »

1.2.  Le poète utilise la notion de mouvement
- l’expression « la courbe de tes yeux » introduit le motif du cercle repris avec les images : « rond de danse », « auréole », « berceau » → symbolique du cercle
- le dernier vers est un écho approfondi du 1er avec le « je » intime symbolisé par le sang cherche un refuge dans les yeux de l’aimée « coule dans leurs regards »

1.3.  Le poète utilise le thème du regard
*     le thème du regard dès le vers 1 avec une énumération « la courbe de tes yeux », « yeux », « regards » ce regard captive le « je »

2) Le poète semble en harmonie avec la nature

2.1  Le poète donne une place importante à la nature
- champ lexical de la nature « roseau »,  « rosée », « feuille », « paille »
- des expression composées de « de », « feuilles de jour », « mousse de rosée »,  « roseau du vent » et « chasseur des bruits »

2.2.  Une idée de la douceur avec le balancement et le bercement
- le thème de la douceur avec « roseaux du vent », « berceau nocturne »
*     le thème de la douceur avec « le balancement » et « le bercement »

2.3.  Le poète crée un effet de fluidité
- allitération en « s » et en « r » : « source » « mousse » « danse » et « douceur »
« roseaux », « rosée », « jour »,
-assonance en « a » : « paille des astres », « regards » « chasseurs »,
*    Les mots semblent glisser d’un vers à l’autre ce qui crée un effet de fluidité
-les parallélismes vers 4 et 5 et vers 14 et 15
-le passage d’un vers à l’autre s’appuient sur le parallélisme

par Mes Dés publié dans : poésie lyrique
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Mercredi 10 mai 2006


       Carmen est maigre, -- un trait de bistre
       Cerne son oeil de gitana.
       Ses cheveux sont d'un noir sinistre,
       Sa peau, le diable la tanna.
        
       Les femmes disent qu'elle est laide,
       Mais tous les hommes en sont fous:
       Et l'archevèque de Tolède
       Chante la messe à ses genoux;
        
       Car sur sa nuque d'ambre fauve
       Se tord un énorme chignon
       Qui, dénoué, fait dans l'alcôve
       Une mante à son corps mignon.
        
       Et, parmi sa pâleur, éclate
       Une bouche aux rires vainqueurs;
       Piment rouge, fleur écarlate,
       Qui prend sa pourpre au sang des coeurs.
        
       Ainsi faite, la moricaude
       Bat les plus altières beautés,
       Et de ses yeux la lueur chaude
       Rend la flamme aux satiétés.
        
       Elle a, dans sa laideur piquante,
       Un grain de sel de cette mer
       D'où jaillit, nue et provocante,
       L'âcre Vénus du gouffre amer.
        
            -- from Émaux et camées  Théophile Gautier

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Vocabulary notes:
bistre: cp. yeux cerclés de bistre: eyes with dark rings round them
moricaude: dusky, swarthy, dark-skinned person

http://unix.cc.wmich.edu/~cooneys/poems/index.html

4- Lecture analytique :  « Carmen », Emaux et Camées, Théophile Gautier
Problématique : Par quelles innovations Gautier bascule-t-il du Romantisme au mouvement Parnassien ?

I – Gautier innove sur une nouvelle utilisation du lyrisme.
  
    I-1 – La sensualité voire l’érotisme qu’incarne la gitane est son atout de séduction.
  
           ● Lexique du corps humain + progression, chaque quatrain correspond à un aspect de Carmen, qu’il décrit. =
           ● Personnification de sa bouche avec ses rires (v-13) = image sensuelle
           ● Symbole de Vénus, déesse de l’amour et de la beauté (mais Vénus plutôt amère avec une reprise                         
              « âcre Vénus/gouffre amer » (v-24)) + Référence au tableau de Boticelli « la naissance de                
              Vénus » = sensualité mais âcreté
          
   I-2 – Cet atout créé tout de même une certaine ambiguïté au personnage. Elle est décrite comme une femme fatale.
          
            ● Définition de la femme fatale : qui envoute et qui mène à la perte.
            ● Lexique des couleurs rouge (couleur du diable) et noir (couleur des ténèbres) = femme sinistre qui a un rapport avec la mort.
            ● Symbole du diable, opposition à Vénus (v-4) = femme diabolique
            ● Lexique de l’enfer
            ● Métaphore de sa bouche (v-14 « fleur écarlate qui prend sa pourpre au sang des cœurs ») renforcée avec Allitération en [r] (tout le quatrain) = traduit la cruauté de la femme.
           

II – Une représentation de la femme différente de celle du romantique.
   
     II – 1 – L’auteur en fait un portrait plutôt négatif, mais cependant nuancé.
           
            ● Termes dépréciatifs
            ● Antithèse « la messe »/ « l’alcôve » (v-4 et 11) (l’alcôve est le lieu des rapports amoureux)
            ● Définition de la satiété : sentiment de dégoût (Carmen émane du dégoût)
            ● Portrait (cf- le poète voulait être peintre)
            ● Discours indirect (v-5-6) « Les femmes […] laide, mais tous les hommes en sont fous » = traduit les différents regards qu’on pose sur cette femme.

     II – 2 – Des procédés prosodiques proches du perfectionnisme.
           ● Rimes en a,b,a,b , a étant féminines et b masculines = alternance régulière, rigueur
           ● 6 Quatrains en octosyllabes (nombres pairs) = régularité, rigueur
           ● Chaque quatrain correspond à un aspect de Carmen, que l’auteur décrit

CCL : L’auteur, ayant trouvé une autre utilisation du registre lyrique et ayant révisé la représentation de la femme du romantique, est donc entré dans le mouvement Parnassien, dont il est le précurseur. Le portrait de la Carmen de Mérimée est tout aussi négatif et décrit une gitane

par Mes Dés publié dans : poésie lyrique
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Mercredi 10 mai 2006

Lettre à Michel Ragon. Coll. Musée de l’Abbaye Sainte-Croix, Les Sables d’Olonne © Annie Chaissac-Raison

[2 juin 1949]
Cher Michel Ragon, je ne pense pas que les autodidactes doivent suivre Jean Dubuffet car pour mettre en peinture de tels graffitis il faut être du métier, savoir à un haut degré donner du relief car enlever le relief des tableaux de Dubuffet et vous verrez ce qu’il en restera. (Faites-en raboter un pour voir). Jean Dubuffet est le roi du relief et c’est pourquoi il a pu se permettre cette fantaisie de faire du tableau avec pareil dessin. Dix mille autres s’y seraient cassé le cou mais lui y a pleinement réussi. L’autodidacte doit plutôt porter ses regards vers Picasso mais en bâtissant des personnages avec encore pkus de formes car l’abondance de forme supplée au manque de savoir pour le relief. Quant à Magnelli, je trouve sa formule presque imbécile. J’ai fait des dessins comme ça vers 1943 et peut me rendre compte. C’est un vrai enfantillage, ce qui ne serait rien si ça rendait mieux. Je trouve que les formes doivent s’emboîter à la diable même mais un dessin n’est pas une " vis sans fin " sinon il y a vice. Cette peinture que je vous disais avoir plu à Dubuffet m’a poussé à en peindre une autre qui est mon plus récent tableau en date d’aujourd’hui 2 juin (49). Il plait à ma femme qui y voit des bouquets et elle trouve que c’est mon meilleur tableau ces temps-ci. Vous me direz si vous avez reçu mes 10 petites choses que j’espère avoir choisies assez caractéristiques avec mon pendule. Si elle vous plaisent c’est tout ce que je demande et aussi que vous les prêtiez à l’occasion à ceux qui voudraient les exposer. Ma femme qui est une fée n’en est pas moins maladroite pour se servir des couteaux et je vivais dans la crainte qu’elle se blesse. Ça vient de lui arriver à cause d’un caramel qu’elle avait fait et qui était resté collé au fond d’un plat. C’est en cherchant à le décoller que la lame lui est profondément entrée dans la paume de la main. J’ai écrit ces temps-ci un poème sur un calvaire qui n’est pas encore frayé et un autre inspiré par un noble châtelain du coin qui chie dans sa culotte après boire. Il y est question de la " soubrette qu’on revit au lavoir et de l’eau merdeuse devient son miroir " etc. J’y dis aussi que " le battoir (ou tapoir) en main elle donnait la fessée à vide avide d’en finir . Et l’eau avide de pureté " etc. etc. Et aussi un autre que m’a inspirée la dernière maladie du curé qui m’a aussi inspiré une lettre dessin-dessin adressée à l’adjoint au maire et ainsi conçue : " Dieu soit loué, Monsieur le curé se remplume. Mais la porte de son presbytère a toujours aussi mauvaise mine. Quel problème que celui de la peinture ". (...) Amitiés g. chaissac

par Mes Dés publié dans : épistolaire
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