Écrire pour produire la lumière dont j’ai besoin.

Écrire pour m’inventer, me créer, me faire exister.

Écrire pour soustraire des instants de vie à l’érosion du temps.

Écrire pour devenir plus fluide. Pour apprendre à mourir au terme de chaque instant. Pour faire que la mort devienne une compagne de chaque jour.

Écrire pour donner sens à ma vie. Pour éviter qu’elle ne demeure comme une terre en friche.

Écrire pour affirmer certaines valeurs face aux égarements d’une société malade.

la suite

  Un texte de Charles Juliet 

Vendredi 27 avril 2007
un article de Libé http://www.liberation.fr//rebonds/250274.FR.php?utk=0005daea

Deux siècles après, l'hymne national incarne encore le rêve progressiste.

 
 

"Est-ce bien le moment de ressortir «l'hymne de derrière les fagots», suivant la formule cynique du général Bugeaud ? La tempête journalistique et médiatique qui entoura la déclaration de Ségolène Royal pourrait permettre d'en douter. Et cependant, j'y vois une épreuve de vérité bien révélatrice. Pour avoir écrit sur la Marseillaise dans les Lieux de mémoire et introduit en 2000 le livret que Jack Lang, ministre, a fait diffuser dans les écoles, je me sens non point expert mais impliqué, et je lui consacre aussi dans mon ouvrage 1789, l'héritage et la mémoire (1) quelques pages, à vrai dire, assez désabusées, sous la rubrique, «Les symboles meurent aussi».

Et voilà qu'elle refait surface... Devrait-on s'en étonner ? Depuis sa naissance en 1792, notre chant national a une histoire faite de poussées, d'explosions, mais aussi d'oublis ou plutôt d'occultations : cette histoire mouvementée est la rançon d'un héritage trop riche, celui de la France qui bouge. Et le succès comme les infortunes de la Marseillaise tiennent à sa double vocation initiale, chant de la défense de la patrie mais aussi de la Révolution en marche.

A cela, elle doit sa capacité de réveil mais aussi de réappropriations. A tous les moments clés de notre histoire, elle a été invoquée : 1830, 1848... 1871, au pied du mur des Fédérés. Elle a été, certes, instrumentalisée par une droite chauvine, mais elle a aussi accompagné la mobilisation collective de nos grands-parents lors du grand massacre de 1914-1918. Après avoir été anathématisée par la droite antirépublicaine, vue d'en face, Aragon dénonçait dans Hourrah l'Oural «la Marseillaise des marchands de canons». 

Mais doit-on oublier pour autant l'épisode, qui nous est le plus proche et que je ne vois guère évoqué, du Front populaire et de la réconciliation, dans la grande mobilisation antifasciste de 1934-1936, du drapeau rouge et du tricolore ? Rencontre cimentée dans le sang par les combats de la Résistance et de ses héros, dont il est assez inconvenant que certains s'approprient le souvenir.

La voici aujourd'hui en posture bien ambiguë (menacée). Mon grand-père, m'a-t-on dit, en connaissait toutes les strophes ; ma génération, au moins trois ; mes filles, une. Et nous restons sur le verdict médiatique ambigu des joueurs de l'équipe de France la chantant avec application et mérite, la main sur le coeur comme le président Bush, alors que les jeunes la sifflent sur un autre stade. La Marseillaise serait-elle devenue un objet froid, triplement désuète parce qu'on ne connaît plus la Révolution française, qu'on ne se réfère plus à l'autre révolution, celle, disait-on, «qui avance», et qu'on ne brûle plus de voler à la frontière pour y défendre la nation ? Dans l'Europe qui cherche sa voie, quelle place pour la Marseillaise ? Je suis de ceux qui croient qu'elle a encore un message universel à porter, celui de la liberté sans cesse à conquérir.

Et, somme toute, je sais gré à Ségolène Royal de cette initiative intempestive pour toute une partie de la classe politique qui la regarde interloquée comme une scène à la Daumier. Entre ironie et ricanements à droite et oubli, parfois, à gauche d'un héritage historique. Mal pensant, je ne suis pas sûr d'acheter un drapeau tricolore pour le faire flotter «tous les ans au 14 juillet» comme dans une chanson de ma jeunesse, mais je me lève pour la  Marseillaise dont le chant, après deux siècles, perpétue le rêve de la possibilité de changer le monde."

(1) Privat, 2007, 19 ?.

Révolutionnaire «Marseillaise»
Par Michel VOVELLE
QUOTIDIEN : vendredi 27 avril 2007

Michel Vovelle professeur émérite, ancien directeur de l'Institut d'histoire de la Révolution française.




 
 
 
 
 
 
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Jeudi 26 avril 2007
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Mercredi 25 avril 2007

http://www.techno-science.net/?onglet=news&news=3996

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Mardi 24 avril 2007

Histoire de vous entrainer à observer un texte de théâtre  : vous analyserez les rapports de force maitresse soubrette et les fonctions de cette scène d'exposition en utilisant la fiche méthode !

l'intrigue est exposée

la mise en évidence des inégalités soubrette maîtresse ( les tirades de Silvia révèlent aussi sa coquetterie( la coquette est un personnage qu'affectionne  Marivaux) et bien sûr son art de raisonner comme si elle tenait une cour d'amour)

le comique de mots utilisé par la servante( le bon sens ) qui tente de ramener  sa maîtresse à la raison

la mise en évidence de la condition des femmes ( les trois portraits sont accablants pour le genre masculin !)le mariage comme pis aller.

corriger les excés : la préciosité de la jeune première , le portrait d'une coquette


SCÈNE PREMIÈRE - SILVIA, LISETTE.

SILVIA
Mais encore une fois, de quoi vous mêlez-vous, pourquoi répondre de mes sentiments ?

LISETTE
C'est que j'ai cru que dans cette occasion-ci, vos sentiments ressembleraient à ceux de tout le monde ; Monsieur votre père me demande si vous êtes bien aise qu'il vous marie, si vous en avez quelque joie ; moi je lui réponds qu'oui ; cela va tout de suite ; et il n'y a peut-être que vous de fille au monde, pour qui ce oui-là ne soit pas vrai, le non n'est pas naturel.

SILVIA
Le non n'est pas naturel ; quelle sotte naïveté ! Le mariage aurait donc de grands charmes pour vous ?

LISETTE
Eh bien, c'est encore oui, par exemple.

SILVIA
Taisez-vous, allez répondre vos impertinences ailleurs, et sachez que ce n'est pas à vous à juger de mon coeur par le vôtre.

LISETTE
Mon coeur est fait comme celui de tout le monde ; de quoi le vôtre s'avise-t-il de n'être
fait comme celui de personne ?

SILVIA
Je vous dis que si elle osait, elle m'appellerait une originale.

LISETTE
Si j'étais votre égale, nous verrions.

SILVIA
Vous travaillez à me fâcher, Lisette.

LISETTE
Ce n'est pas mon dessein ; mais dans le fond voyons, quel mal ai-je fait de dire à Monsieur Orgon, que vous étiez bien aise d'être mariée ?

SILVIA
Premièrement, c'est que tu n'as pas dit vrai, je ne m'ennuie pas d'être fille.

LISETTE
Cela est encore tout neuf.

SILVIA
C'est qu'il n'est pas nécessaire que mon père croie me faire tant de plaisir en me mariant, parce que cela le fait agir avec une confiance qui ne servira peut-être de rien.

LISETTE
Quoi, vous n'épouserez pas celui qu'il vous destine ?

SILVIA
Que sais-je ? Peut-être ne me conviendra-t-il point, et cela m'inquiète.

LISETTE
On dit que votre futur est un des plus honnêtes du monde, qu'il est bien fait, aimable, de bonne mine, qu'on ne peut pas avoir plus d'esprit, qu'on ne saurait être d'un meilleur caractère ; que voulez-vous de plus ? Peut-on se figurer de mariage plus doux ? D'union plus délicieuse?

SILVIA
Délicieuse ! Que tu es folle avec tes expressions !

LISETTE
Ma foi, Madame, c'est qu'il est heureux qu'un amant de cette espèce-là, veuille se marier dans les formes ; il n'y a presque point de fille, s'il lui faisait la cour, qui ne fût en danger de l'épouser sans cérémonie ; aimable, bien fait, voilà de quoi vivre pour l'amour, sociable et spirituel, voilà pour l'entretien de la société : pardi, tout en sera bon dans cet homme-là, l'utile et l'agréable, tout s'y trouve.

SILVIA
Oui dans le portrait que tu en fais, et on dit qu'il y ressemble, mais c'est un, on dit, et je pourrais bien n'être pas de ce sentiment-là, moi ; il est bel homme, dit-on, et c'est presque tant pis.

LISETTE
Tant pis, tant pis, mais voilà une pensée bien hétéroclite !

SILVIA
C'est une pensée de très bon sens ; volontiers un bel homme est fat, je l'ai remarqué.

LISETTE
Oh, il a tort d'être fat ; mais il a raison d'être beau.'( antithèse)

SILVIA
On ajoute qu'il est bien fait ; passe.

LISETTE
Oui-da, cela est pardonnable.(antiphrase)

SILVIA
De beauté, et de bonne mine je l'en dispense, ce sont là des agréments superflus.

LISETTE
Vertuchoux ! si je me marie jamais, ce superflu-là sera mon nécessaire.

SILVIA
Tu ne sais ce que tu dis ; dans le mariage, on a plus souvent affaire à l'homme raisonnable, qu'à l'aimable homme : en un mot, je ne lui demande qu'un bon caractère, et cela est plus difficile à trouver qu'on ne pense ; on loue beaucoup le sien, mais qui est-ce qui a vécu avec lui ? Les hommes ne se contrefont-ils pas ? Surtout quand ils ont de l'esprit, n'en ai-je pas vu moi, qui paraissaient, avec leurs amis, les meilleures gens du monde ? C'est la douceur, la raison, l'enjouement même, il n'y a pas jusqu'à leur physionomie qui ne soit garante de toutes les bonnes qualités qu'on leur trouve. Monsieur un tel a l'air d'un galant homme, d'un homme bien raisonnable, disait-on tous les jours d'Ergaste : aussi l'est-il, répondait-on, je l'ai répondu moi-même, sa physionomie ne vous ment pas d'un mot ; oui, fiez-vous-y à cette physionomie si douce, si prévenante, qui disparaît un quart d'heure après pour faire place à un visage sombre, brutal, farouche qui devient l'effroi de toute une maison. Ergaste s'est marié, sa femme, ses enfants, son domestique ne lui connaissent encore que ce visage-là, pendant qu'il promène partout ailleurs cette physionomie si aimable que nous lui voyons, et qui n'est qu'un masque qu'il prend au sortir de chez lui.

LISETTE
Quel fantasque avec ces deux visages !

SILVIA
N'est-on pas content de Léandre quand on le voit ? Eh bien chez lui, c'est un homme qui ne dit mot, qui ne rit, ni qui ne gronde ; c'est une âme glacée, solitaire, inaccessible ; sa femme ne la connaît point, n'a point de commerce avec elle, elle n'est mariée qu'avec une figure qui sort d'un cabinet, qui vient à table, et qui fait expirer de langueur, de froid et d'ennui tout ce qui l'environne ; n'est-ce pas là un mari bien amusant ?

LISETTE
Je gèle au récit que vous m'en faites ; mais Tersandre, par exemple ?

SILVIA
Oui, Tersandre ! Il venait l'autre jour de s'emporter contre sa femme, j'arrive, on m'annonce, je vois un homme qui vient à moi les bras ouverts, d'un air serein, dégagé, vous auriez dit qu'il sortait de la conversation la plus badine ; sa bouche et ses yeux riaient encore ; le fourbe ! Voilà ce que c'est que les hommes, qui est-ce qui croit que sa femme est à lui ? Je la trouvai toute abattue, le teint plombé, avec des yeux qui venaient de pleurer, je la trouvai, comme je serai peut-être, voilà mon portrait à venir, je vais du moins risquer d'en être une copie ; elle me fit pitié, Lisette : si j'allais te faire pitié aussi: cela est terrible, qu'en dis-tu ? Songe à ce que c'est qu'un mari.

LISETTE
Un mari ? C'est un mari ; vous ne deviez pas finir par ce mot-là, il me raccommode avec tout le reste.

( la tautologie se substitue au raisonnement )

On retrouve ce même motif  du débat sur le mariage dans Les Femmes Savantes de Molière ( entre les deux soeurs Armande et Henriette) .

Les relations dominant dominé sont ici plus subtiles que chez Molière puisque Marivaux utilise  l'inversion des rôles comme élément de l'intrigue : les valets l'emportent souvent en humanité sur les maîtres (voir l'île des esclaves scène X)


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Mercredi 18 avril 2007

http://fr.wikisource.org/wiki/Les_Liaisons_dangereuses

 

Mais pourquoi donc est-ce qu'elle s'en est allée comme ça? ça m'étonne, moi! au reste, sûrement que Monsieur le sait bien, et ce ne sont pas mes affaires.
Mme la présidente est allée l'après-midi dans la bibliothèque, et elle y a pris deux livres qu'elle a emportés dans son boudoir: mais Mlle Julie assure qu'elle n'a pas lu dedans un quart d'heure dans toute la journée, et qu'elle n'a fait que lire cette lettre, rêver et être appuyée sur sa main. Comme j'ai imaginé que Monsieur serait bien aise de savoir quels sont ces livres-là, et que Mlle Julie ne le savait pas, je me suis fait mener aujourd'hui dans la bibliothèque, sous prétexte de la voir. Il n'y a de vide que pour deux livres: l'un est le second volume des Pensées Chrétiennes; et l'autre, le premier d'un livre qui a pour titre Clarisse. J'écris bien comme il y a : Monsieur saura peut-être ce que c'est.
Hier au soir, Madame n'a pas soupé: elle n'a pris que du thé.
Elle a sonné de bonne heure ce matin; elle a demandé ses chevaux tout de suite, et elle a été, avant neuf heures, aux Feuillans, où elle a entendu la messe. Elle a voulu se confesser; mais son confesseur était absent, et il ne reviendra pas de huit à dix jours. J'ai cru qu'il était bon de mander cela à Monsieur.
Elle est rentrée ensuite, elle a déjeuné, et puis elle s'est mise à écrire, et elle y est restée jusqu'à près d'une heure. J'ai trouvé occasion de faire bientôt ce que Monsieur désirait le plus: car c'est moi qui ai porté les lettres à la poste. Il n'y en avait pas pour Mme de Volanges; mais j'en envoie une à Monsieur, qui était pour M. le président: il m'a paru que ça devait être la plus intéressante. Il y en avait une aussi pour Mme de Rosemonde; mais j'ai imaginé que Monsieur la verrait toujours bien quand il voudrait, et je l'ai laissée partir. Au reste, Monsieur saura bien tout, puisque Mme la présidente lui écrit aussi. J'aurai par la suite toutes celles que je voudrai; car c'est presque toujours Mlle Julie qui les remet aux gens, et elle m'a assuré que, par amitié pour moi, et puis aussi pour Monsieur, elle ferait volontiers ce que je voudrais.
Elle n'a même pas voulu de l'argent que je lui ai offert: mais je pense bien que Monsieur voudra lui faire quelque petit présent; et si c'est sa volonté et qu'il veuille m'en charger, je saurai aisément ce qui lui fera plaisir.
J'espère que Monsieur ne trouvera pas que j'aie mis de la négligence à le servir, et j'ai bien à coeur de me justifier de reproches qu'il me fait. Si je n'ai pas su le départ de Mme la présidente, c'est au contraire mon zèle pour le service de Monsieur qui en est cause, puisque c'est lui qui m'a fait partir à trois heures du matin; ce qui fait que je n'ai pas vu Mlle Julie la veille, au soir, comme de coutume, ayant été coucher au Tournebride, pour ne pas réveiller dans le château.
Quant à ce que Monsieur me reproche d'être souvent sans argent, d'abord c'est que j'aime à me tenir proprement, comme Monsieur peut voir; et puis qu'il faut bien soutenir l'honneur de l'habit qu'on porte: je sais bien que je devrais peut-être un peu épargner pour la suite; mais je me confie entièrement dans la générosité de Monsieur, qui est si bon maître.
Pour ce qui est d'entrer au service de Mme de Tourvel, en restant à celui de Monsieur, j'espère que Monsieur ne l'exigera pas de moi. C'était bien différent chez Mme la duchesse; mais assurément je n'irai pas porter la livrée, et encore une livrée de robe, après avoir eu l'honneur d'être chasseur de Monsieur. Pour tout ce qui est du reste, Monsieur peut disposer de celui qui a l'honneur d'être, avec autant de respect que d'affection, son très humble serviteur.
Roux Azolan, chasseur.
 
Relation d'un serviteur avec un séducteur.
par Mes Dés publié dans : épistolaire
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